«Panama Papers»: Une quinzaine de grandes fortunes françaises liées à des sociétés offshore

FISCALITE Le quotidien «Le Monde» a publié de nouvelles révélations ce samedi…

C.P. avec AFP

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Un policier à l'entrée du cabinet Mossack Fonseca le 5 avril 206 à Panama
Un policier à l'entrée du cabinet Mossack Fonseca le 5 avril 206 à Panama — RODRIGO ARANGUA AFP

Les révélations des Panama Papers se poursuivent. Ce samedi Le Monde révèle que les noms d’une quinzaine des 500 plus grandes fortunes françaises au total apparaissent dans les fichiers du cabinet panaméen Mossack Fonseca, au cœur des révélations des « Panama papers », et sont liés à des sociétés offshore. Parmi eux, cinq n’ont apporté aucune explication au quotidien sur les motivations de leurs montages financiers.

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La famille Hennessy

Il s’agit notamment de la famille Hennessy, à l’origine d’une partie de la branche vins et spiritueux du groupe de luxe LVMH.

« Leur nom est associé à deux sociétés offshore créées en février 2000 par la banque privée Edmond de Rotschild Europe : Paradise Internet Capital Limited et Toso Management Company Limited », explique le quotidien qui évoque le transit de millions de dollars via ce fonds de gestion sans qu’»aucune information [soit] disponible concernant les bénéficiaires ».

Paul Dubrule, cofondateur du groupe Accor

Le cofondateur du groupe Accor et ancien sénateur UMP, Paul Dubrule est lui aussi cité. Aujourd’hui 234e fortune française (mais résident fiscal suisse depuis 2006).

« Il a utilisé en 2007 pendant quelques mois la société panaméenne Rymercu Securities Inc. pour investir dans Tok & Stok, la chaîne brésilienne de magasins de meubles, créée par son frère Régis. Il a ensuite repris directement les parts à son nom et a dissous Rymercu en 2008 », rapporte Le Monde.

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Les frères Eddé

Sont aussi cités les frères franco-libanais Salim et Jean-Gabriel Eddé, qui doivent leur fortune à l’éditeur de logiciels spécialisé dans la finance Murex.

« En novembre 2009, Salim Eddé a créé aux îles Vierges britanniques la société Seaview Development Equities Limited », note le journal, qui indique que le « bénéficiaire réel de cette société est un certain Michel Eddé ». « Il s’agit probablement du père de Salim, figure bien connue au Liban, où il a été plusieurs fois ministre et dirige depuis 1990 le quotidien L’Orient-Le Jour ».

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Philippe Foriel-Destezet

Le créateur d’Ecco, l’ancêtre de l’agence d’intérim Adecco, Philippe Foriel-Destezet, a pour sa part été à partir de 1994 actionnaire de plusieurs sociétés aux îles Vierges britanniques et au Panama.

« Toutes ces sociétés renvoient à des activités réelles en Amérique centrale : des activités dans la forêt au Costa Rica, au Panama ou encore à Sainte-Lucie, sous le nom commercial Rain forest adventures, ou encore la construction (avortée) d’un parc d’attraction aux îles Vierges britanniques », écrit le quotidien, sans expliquer ce qui pourrait être reproché à l’entrepreneur.

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Pierre Papillaud

Le patron du groupe Alma (eau Cristalline) Pierre Papillaud, a de son côté reçu en mai 2002, une procuration sur la société Krewitt, enregistrée quelques mois plus tôt aux îles Vierges britanniques. « On ignore tout des activités menées par la société Krewitt jusqu’à sa liquidation, en octobre 2011 », remarque Le Monde, sans en dire davantage.

Le quotidien avait plus tôt dans la semaine détaillé les circuits empruntés par d’autres familles françaises fortunées ayant recours à des sociétés basées dans des paradis fiscaux pour optimiser leurs revenus fiscaux, pour préparer un héritage futur ou pour dissimuler des avoirs.