Panama Papers: «la Société Générale ment dans ce dossier comme dans d'autres», juge Kerviel

© 2016 AFP

— 

Jerôme Kerviel quitte le tribunal à Paris le 21 mars 2016
Jerôme Kerviel quitte le tribunal à Paris le 21 mars 2016 — KENZO TRIBOUILLARD AFP

L'ex-trader de la Société Générale Jérôme Kerviel a affirmé jeudi matin que la banque, épinglée dans l'affaire des «Panama Papers» pour avoir créé un millier de sociétés offshore, «ment dans ce dossier comme dans d'autres».

L'implication du groupe bancaire français dans ce scandale planétaire d'évasion fiscale «prouve que Société Générale ment dans ce dossier comme dans d'autres», a déclaré sur France Info M. Kerviel, accusé par son ex-employeur de lui avoir fait perdre 4,9 milliards d'euro en 2008 et condamné pour ces faits à cinq ans de prison dont trois ferme.

«On fait mine de découvrir aujourd'hui quelque chose qui était su de tout le monde depuis des années», a assuré l'ancien trader, indiquant que la succursale luxembourgeoise Société Générale Bank and Trust, évoquée dans les «Panama Papers», «est une filiale par laquelle, sur certaines activités de trading, on passait à l'époque aussi».

«On parle uniquement du Panama, il y en a d'autres», a-t-il ajouté, qualifiant la banque de «multirécidiviste des infractions» et l'accusant d'avoir «menti sous serment devant la représentation nationale».

Son directeur général Frédéric Oudéa avait en effet affirmé lors d'une audition au Sénat en 2012 que Société Générale avait fermé ses implantations dans les pays figurant sur la liste grise des paradis fiscaux, ainsi que dans les Etats jugés non coopératifs, comme Panama.

«Il y a une forme de crainte et de totem d'immunité de la part des banques», qui sont «protégées à chaque niveau», a insisté M. Kerviel.

L'ex-trader, qui demande la révision de son procès et a déposé trois plaintes contre son ancien employeur, a par ailleurs estimé que l'affaire «Panama papers» est «un élément qui apporte évidemment de l'eau à (son) moulin».