Vallourec obtient le feu vert des actionnaires à l'augmentation de capital

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Le fabricant de tubes sans soudure Vallourec a obtenu mercredi le feu vert de ses actionnaires à une augmentation de capital de 1 milliard d'euros
Le fabricant de tubes sans soudure Vallourec a obtenu mercredi le feu vert de ses actionnaires à une augmentation de capital de 1 milliard d'euros — FRANCOIS LO PRESTI AFP

Le fabricant de tubes sans soudure Vallourec a obtenu mercredi le feu vert de ses actionnaires à une augmentation de capital de 1 milliard d'euros, élément clé pour lui permettre de surmonter la crise des marchés pétrole et gaz.

Devant l'assemblée générale, le président du directoire, Philippe Crouzet, a réaffirmé sa confiance dans un rebond à venir de ce secteur qui reste un «marché porteur» pour Vallourec, mais pas en 2016, une année où le principal débouché du groupe restera encore «déprimé».

«Nous n'attendons pas sur cet exercice de conditions de marché plus favorables que celles difficiles de 2015», a souligné le directeur financier Olivier Mallet.

Des résultats financiers préliminaires publiés mardi soir par Vallourec ont ainsi fait ressortir une nouvelle baisse de 36% du chiffre d'affaires du groupe au premier trimestre, à 671 millions d'euros. Les objectifs annoncés pour 2016 et à l'horizon 2020 ont cependant été confirmés.

Les actionnaires ont approuvé l'augmentation de capital, qui doit permettre à Vallourec de financer sa restructuration et de réduire son endettement. Les résolutions ont été votées à une très forte majorité, entre 95% et plus de 97%. La date de lancement et le prix d'émission seront connus après le visa de l'AMF.

Dans ce cadre, la banque publique Bpifrance et le partenaire japonais Nippon Steel and Sumitomo Metal Corporation (NSMMC) porteront leur participation dans Vallourec à 15%. Ils souscriront des obligations convertibles à un prix d'ores et déjà fixé à 11 euros, plus du double du cours actuel du titre.

En 2015, Vallourec a enregistré un plongeon de près de 40% de ses volumes de ventes, qui s'est traduit par une baisse d'un tiers du chiffre d'affaires. Son activité principale, la vente de tubes pour l'industrie pétrolière et gazière, a chuté de 38% alors que les producteurs réduisaient leurs investissements dans le sillage de la chute des prix du brut.

«Nous vivons des moments très, très difficiles», tant pour le groupe que pour cette industrie, n'a pas caché Philippe Crouzet, insistant sur le fait que «la composante cyclique est absolument majeure» dans les difficultés actuelles.

«Nos marchés continuent à offrir des belles perspectives de redressement», a-t-il affirmé, pariant sur une reprise du secteur pétrolier grâce à un rééquilibrage progressif de l'offre et de la demande et la nécessité de compenser le déclin naturel de la production.

- Possibles départs contraints -

Vallourec avait déjà lancé l'an dernier un plan de restructuration pour adapter son organisation industrielle à la baisse de charge de ses usines. Le groupe a pris en février des nouvelles mesures, dont l'augmentation de capital, le renforcement des pôles industriels au Brésil et en Chine et la réduction de moitié de ses capacités de production en Europe.

Les capacités européennes de Vallourec seront ramenées à 700.000 tonnes par an et spécialisées en France et en Allemagne. Quelque 1.000 salariés sont concernés.

Phlippe Crouzet a prévenu qu'il semblait «difficile d'éviter les départs contraints».

Il a rappelé «l'objectif de limiter, autant que faire se peut, l'impact sur l'emploi». «Ce n'est pas une certitude à ce stade», a-t-il ajouté, «mais nous ferons tout pour les minimiser et faciliter le retour à l'emploi ou le maintien dans l'emploi de nos collègues qui pourraient être touchés».

Une procédure de plan de sauvegarde de l'emploi a été lancée en France la semaine dernière et des «commissions de réindustrialisation» ont été mises en place pour les trois sites français les plus concernés (Saint-Saulve, Déville-les-Rouen, Cosne-sur-Loire).

Quant au dossier de l'aciérie de Saint-Saulve, où Vallourec cherche un partenaire majoritaire, il «a bien avancé au plan industriel et opérationnel», mais il reste «encore à résoudre un certain nombre de problèmes complexes, qui sont plutôt de nature juridique et financière», a expliqué le président du directoire.

Les actionnaires ont approuvé à 98,7% la rémunération 2015 du président du directoire qui s'élève à 802.000 euros, soit une baisse de 60%, M. Crouzet ayant renoncé à la part variable annuelle.