Loi Travail: Le patronat espère revenir sur les modifications du texte

REFORME Sept organisations patronales dénoncent les modifications apportées au projet de loi travail...

20 Minutes avec AFP

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Pierre Gattaz, le Président du Medef le 18 septembre 2015. Le Medef recevait vendredi 16 octobre les représentants des principaux syndicats pour tenter de sauver les retraites complémentaires.
Pierre Gattaz, le Président du Medef le 18 septembre 2015. Le Medef recevait vendredi 16 octobre les représentants des principaux syndicats pour tenter de sauver les retraites complémentaires. — SIPA

Ils espèrent rectifier le tir. Sept organisations patronales, dont le Medef et la CGPME, ont affiché un front uni mardi pour dénoncer les modifications apportées au projet de loi travail au détriment, selon elles, des TPE-PME, et proposer des amendements avant l'examen au Parlement.

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A deux jours de la présentation du projet de loi El Khomri en conseil des ministres, ces mouvements ont lancé un «appel solennel» au Premier ministre Manuel Valls afin que le texte, qui n'est «pas acceptable en l'état», «retrouve son objectif d'origine: créer de l'emploi».

Le patronat dénonce un «recul»

«Trop, c'est trop !», a lancé le patron du Medef, Pierre Gattaz, lors d'une conférence de presse commune avec la CGPME, l'Afep (Association française des entreprises privées, qui rassemble des multinationales), le Meti (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire), la FNSEA (agriculteurs), l'association Croissance Plus et le mouvement Ethic.

Motif de leur colère: les modifications au projet de texte initial annoncées après une concertation avec les partenaires sociaux, notamment le retrait du plafonnement des indemnités prud'homales. Le patronat y voit un «recul» qui «édulcore» les mesures en faveur des petites et moyennes entreprises.

«Le gouvernement a fait du clientélisme politique»

Craignant un «détricotage supplémentaire» du texte lors de son examen au parlement, prévu fin avril-début mai, le patronat a formulé six propositions pour «'l'enrichir». Et demande le maintien des mesures dans lesquelles il voit en revanche des «avancées», comme la précision des motifs des licenciements économiques.

«Le chemin parlementaire s'ouvre. Dès aujourd'hui je vais rencontrer le rapporteur du projet (le député socialiste Christophe Sirugue, NDLR), et cette semaine j'ai des auditions», a fait savoir François Asselin, pour la CGPME.

«Je porterai ces propositions avec pugnacité, mais peu d'espoir», a-t-il concédé, «car nous sommes en période pré-électorale». «En reculant sur les points les plus réformateurs qui nous avaient fait croire que des choses étaient possibles, le gouvernement a fait du clientélisme politique», a-t-il regretté.