Pourquoi la croissance française va gagner un peu de «tonus» au premier semestre

CONJONCTURE Même si la consommation pâtit encore un peu des attentats de novembre, l'activité économique devrait progresser un peu plus que prévu...

M.B.

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Un caddie de supermarché, à Lyon, en 2009
Un caddie de supermarché, à Lyon, en 2009 — AFP PHOTO JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

L’horizon de l’économie française s’éclaircit. Un peu. Selon la dernière note de conjoncture de l’Insee présentée ce jeudi, la croissance « gagnerait un peu de tonus au premier semestre » avec une hausse de 0,4 % du PIB de janvier à mars et d’avril à juin.

Une économie de 10 milliards d’euros pour les ménages

Ceci résulte selon l’organisme d’un « net rebond dela consommation des ménages » depuis le début de l’année. Pourquoi ? Ceux-ci profitent de l’absence de hausse de prix qui ne vient pas rogner leur pouvoir d’achat. Une inflation quasi-nulle qui s’explique en grande partie par la forte baisse des prix du pétrole sous la barre des 40 dollars le baril.

L’an dernier, l’Insee a ainsi calculé que l’économie française avait réalisé une économie de 23 milliards d’euros avec l’allégement de la facture énergétique, dont 10 milliards d’euros pour les ménages.

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« Partout dans la zone euro, la consommation des ménages bénéficie d’un pouvoir d’achat dynamisé par la nouvelle baisse des prix du pétrole », explique Dorian Roucher, chef de la division synthèse conjoncturelle de l’Insee.

Mais la consommation pâtit encore en France des derniers attentats de novembre, « Le rétablissement de la consommation à son niveau d’avant les attentats ne serait que très progressif au cours du premier semestre 2016, qu’il s’agisse des dépenses en hébergement ou en transport aérien », estime l’Insee.

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Une (très) légère baisse du chômage

En parallèle, les entreprises devraient elles aussi retrouver un peu d’allant avec « un taux de marge qui continue de se redresser, de plus en plus proche de sa moyenne d’avant crise », anticipe l’Insee. Et ceci notamment grâce auplan d’urgence pour l’emploi annoncé en janvier par le chef de l’Etat qui prévoit notamment des baisses de charges.

Un contexte plus favorable qui devrait se traduire par la création de 63.000 emplois d’ici la fin du mois de juin. De quoi permettre une (très, très) légère baisse de 0,1 point du taux de chômage à 9,9 % en France métropolitaine.

A priori, un repli insuffisant pour François Hollande qui a conditionné son éventuelle candidature à la présidentielle de 2017 à l’inversion de la courbe du chômage.

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