Emploi: Derrière la baisse de chômage se cachent des incertitudes

EMPLOI La baisse de 27.900 chômeurs est difficilement explicable…

A.Ch.

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Une agence pôle emploi à Jolimont. 25/04/12 Toulouse
Une agence pôle emploi à Jolimont. 25/04/12 Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Un chiffre à prendre avec des pincettes : la baisse du nombre de chômeurs de catégorie A (n’ayant aucune activité dans le mois) de 27.900 personnes en janvier, soit un recul de 0,8 %, pourrait n’être qu’un trompe-l’œil. Le service des statistiques du ministère du Travail, la Dares, l’a reconnu en annonçant les chiffres officiels ce mercredi : des événements « inhabituels » et « inexpliqués » entachent ce qui paraissait être une bonne nouvelle pour l’emploi en France.

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Radiés pour défaut d’actualisation de leur dossier

En janvier, 238.900 personnes sont sorties des listes de Pôle emploi simplement parce qu’elles n’ont pas déclaré leur situation comme elles sont tenus de le faire à la fin de chaque mois. Habituellement, le nombre de radiés pour ce motif s’élève environ à 200.000. « En janvier 2016, le nombre de sorties de catégories A, B et C pour cessation d’inscription pour défaut d’actualisation a enregistré un rebond inhabituellement fort », souligne la Dares.

La ministre du travail Myriam El Khomri a précisé que ces défauts d’actualisation ne résultent pas d’un bug technique, comme ça avait été le cas en août 2013, lorsqu’un bug de l’opérateur SFR dans l’acheminement des messages de relance rappelant aux inscrits d’actualiser leur situation avait gonflé les désinscriptions à Pôle emploi. La ministre s’est même montrée optimiste, estimant que « Quand vous avez des personnes qui retrouvent un emploi, c’est légitime qu’elles ne s’actualisent pas ». Ce qui revient à dire que la baisse enregistrée est bel et bien une baisse du nombre de chômeurs.

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Les tendances à long terme sont plus fiables que les chiffres ponctuels pour se faire une idée de l’évolution du chômage en France. Sur trois mois, le chômage a baissé de 0,8 % en métropole, mais sur un an, il reste en hausse de 1,8 %.