Assurance chômage: Le bras de fer syndicats-patronat a commencé

EMPLOI Le sujet est sensible et les négociations débutent sous la pression du gouvernement...

20 Minutes avec AFP
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Clichy la Garenne. Agence Pole Emploi Clichy. Occupation de manifestants precaires et chomeurs a la veille du sommet social. Mouvement des desobeissants Occupons Pole Emploi.
Clichy la Garenne. Agence Pole Emploi Clichy. Occupation de manifestants precaires et chomeurs a la veille du sommet social. Mouvement des desobeissants Occupons Pole Emploi. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les directives du gouvernement sont claires : « tout faire » pour favoriser le « retour à l’emploi » et redresser les comptes. C’est dans ce contexte délicat que les partenaires sociaux rouvrent ce lundi l’épineux dossier de l’assurance chômage, dont ils doivent renégocier les règles avant l’été.

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Le chômage et la dette du régime atteignent des niveaux records

Organisations syndicales - CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC - et patronales - Medef, CGPME et UPA - se retrouveront à 14h30 au siège du Medef pour entamer les tractations, qui devront aboutir au printemps, pour permettre un agrément gouvernemental avant le 1er juillet, date de péremption de l’actuelle convention.

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Le sujet est sensible, alors que le chômage et la dette du régime sont à des niveaux records : fin 2015, Pôle emploi recensait 3,59 millions de chômeurs en métropole et la dette de l’assurance chômage culminait à 25,8 milliards d’euros. D’ici la fin de l’année, ce trou devrait atteindre 29,4 milliards fin 2016.



Les syndicats veulent taxer les minis contrats

La CFDT veut rendre les contributions des entreprises « dégressives » selon la durée du contrat, pour rendre les contrats courts moins attractifs, et taxer les employeurs qui se séparent de salariés seniors.

La CGT compte, elle aussi, surtaxer les contrats précaires, tout en plaidant pour un allongement de la durée maximale d’indemnisation, jusqu’à cinq ans pour les seniors.

Côté patronal, la CGPME exclut toute hausse de cotisations. Quant au Medef, il réclame « une réforme structurelle » selon « deux axes » : accompagner les chômeurs « dès le premier jour » et « inciter à travailler tous les gens qui peuvent travailler et qui ne le font pas ».

Si la négociation échoue, Myriam El Khomri tranchera

Syndicats et patronat préciseront leurs vues ce lundi, lors d’une première séance, surtout consacrée au calendrier.

La ministre du Travail Myriam El Khomri a prévenu : l’Etat étudie déjà « toutes les pistes » et il fixerait lui-même « les nouveaux paramètres de l’assurance chômage » si, d’aventure, la négociation échouait.