Vivendi lance une OPA sur Gameloft, le studio des frères Guillemot

JEU VIDEO Le groupe de Vincent Bolloré a franchi le seuil des 30% du capital et veut désormais achever sa prise de contrôle...

P.B.

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Vincent Bolloré, le 15 janvier 2016, à Ergue-Gaberic.
Vincent Bolloré, le 15 janvier 2016, à Ergue-Gaberic. — FRED TANNEAU / AFP

La guerre entre les frères Guillemot et Vincent Bolloré s’intensifie. Jeudi, le groupe Vivendi a officiellement lancé une offre publique d’achat sur la société française de jeux vidéo Gameloft, à 6 euros par action. L’opération est automatique, alors que Vivendi a franchi le seuil de 30 % du capital de la société. Désormais, tous les yeux sont braqués sur Ubisoft, dont Vivendi possède déjà 15 %.

« Le projet d’acquisition de Gameloft, approuvé aujourd’hui par le Conseil de surveillance de Vivendi, s’intègre parfaitement dans la stratégie de développement du groupe comme un leader mondial des contenus et des médias », a expliqué le groupe.

A six euros par action, il s’agit d’une prime de 50,4 % sur le cours de Bourse du 14 octobre 2015 et de 22,9 % sur le cours moyen des six derniers mois.

« L’agression de Bolloré »

Cela va sans dire, l’OPA n’est pas vraiment amicale. Fondé en 1999 par les cinq frères Guillemot, Gameloft est considéré comme la petite sœur d’Ubisoft, le studio dirigé par Yves Guillemot.

Lors de l’entrée de Vivendi au capital des deux entreprises, en octobre, Yves Guillemot avait dénoncé « l’agression de Vincent Bolloré ». « Prendre un pourcentage dans notre société sans discuter avec nous au préalable, ce sont des méthodes d’un autre temps. On n’entre pas dans une société en cassant la porte ! » a-t-il encore dénoncé, fustigeant des méthodes « d’activiste ».

Depuis, Vivendi est monté en puissance, à hauteur de 15 % d’Ubisoft. A tel point que la fratrie s’est réunie pour tenter de bloquer le magnat breton. Jeudi, Ubisoft a dévoilé des objectifs de croissance ambitieux pour convaincre le marché qu’il pouvait continuer l’aventure tout seul. Selon Yves Guillemot, les actionnaires ont le choix entre « nous accompagner et faire de la croissance ou voter pour une compagnie qui a un but autre ». La bataille peut continuer.