L'ex-SNCM à nouveau dans l'incertitude, le repreneur tente de rassurer sur l'emploi

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Le "Jean Nicoli", un bateau de l'ancienne SNCM, dans le port d'Ajaccio, le 13 février 2016
Le "Jean Nicoli", un bateau de l'ancienne SNCM, dans le port d'Ajaccio, le 13 février 2016 — Pascal POCHARD-CASABIANCA AFP

Le repreneur de l'ex-SNCM, à nouveau en pleine incertitude, a tenté mercredi en comité d'entreprise extraordinaire de rassurer les salariés, promettant de respecter le plan de rachat de la compagnie qui prévoit le maintien des 900 emplois actuels.

Dernier rebondissement d'un feuilleton économique qui se joue notamment sous l’œil des nouveaux dirigeants nationalistes corses, le PDG Patrick Rocca présentait mercredi un projet d'absorption par un consortium d'entrepreneurs insulaires, Corsica Maritima.

«La volonté c'est de se trouver un modèle qui va durer et qui va être rassurant pour tous les salariés, dans l'intérêt général de l'entreprise», a assuré le patron de la compagnie Maritima Ferries, héritière de la SNCM, Patrick Rocca.

«Sur les 900 salariés, il n'y en aura pas un seul de moins. Le plan à mettre en oeuvre, c'est le plan qui a été déposé au tribunal» de commerce de Marseille, qui avait attribué la SNCM en novembre dernier à Patrick Rocca, a ajouté ce dernier.

En moins de trois mois, l'environnement a toutefois profondément changé, a fait valoir M. Rocca.

Les nationalistes arrivés au pouvoir en Corse veulent en effet revoir à la baisse le système de subvention des liaisons avec le continent, et plaident pour une compagnie régionale, et un conflit a éclaté avec Corsica Maritima, candidat déçu à la reprise, qui a ouvert une ligne concurrente. Avant de finalement conclure l'accord pour une absorption de l'ex-SNCM, présenté mercredi.

«On constate malheureusement que le plan d'entreprise qui a été porté par M. Rocca et validé par le tribunal de commerce changerait de façon profonde, (ce qui) viendrait remettre en cause le nombre d'emploi des salariés, leurs conditions sociales, et l'outil naval», a déclaré le secrétaire du CE, Frédéric Alpozzo (CGT) à l'issue de la réunion.

«Neuf cent personnes pourraient être menacées de licenciement un mois après la reprise» de la compagnie, a commenté de son côté Maurice Perrin, responsable de la CFE-CGC, faisant part de «l'inquiétude et de l'indignation» des salariés.

L'incertitude perdure en effet autour de l'ancienne compagnie publique, qui cumule les déboires depuis plusieurs années : le tribunal de commerce de Marseille notamment, aura son mot à dire sur une absorption par Corsica Maritima.

Deux audiences y sont d'ailleurs prévues jeudi autour de litiges nés de la reprise de la compagnie. Le sujet devrait inévitablement y être abordé.