Bic: départ du directeur général

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Bic: départ du directeur général
Bic: départ du directeur général — PATRICK KOVARIK AFP

Après dix ans aux commandes de Bic, son directeur général Mario Guevara a surpris mercredi en annonçant sa retraite, à seulement 56 ans: il laisse un groupe aux reins solides, mais qui anticipe un ralentissement de son activité cette année.

«J'ai travaillé pendant longtemps, depuis l'âge de 14 ans, je souhaite consacrer plus de temps à ma famille», a déclaré mercredi M. Guevara, un Mexicain ayant aussi la nationalité américaine, entré chez Bic en 1992. Il quittera son poste à l'issue de l'assemblée générale du groupe le 18 mai, tout en restant membre du conseil d'administration.

«Mario va me manquer, ça fait 25 ans qu'on travaille ensemble» a confié avec une certaine émotion Bruno Bich, le président du groupe et fils du fondateur de la société, le baron Marcel Bich, mercredi lors d'une conférence de présentation des résultats annuels du géant français des stylos, rasoirs et briquets jetables à Clichy (Hauts-de-Seine).

M. Guevara n'ayant pour l'instant pas de successeur désigné, Bruno Bich, 69 ans, devrait redevenir président-directeur général du groupe après l'assemblée générale, une fonction qu'il avait déjà occupée de 1993 à 2006.

«Ce n'est pas la meilleure des situations», a reconnu M. Bich. «Je vais devoir travailler dur pendant encore deux ans», a-t-il dit, soit le temps nécessaire selon lui pour «préparer» un nouveau directeur général.

A terme son fils, Gonzalve Bich, 37 ans, actuellement responsable des marchés en développement du groupe, ferait «un bon successeur potentiel» de M. Guevara, a estimé Bruno Bich.

L'actuel directeur général délégué, François Bich, le frère du président, âgé de 66 ans, va également partir en retraite au 1er mars.

La Bourse de Paris a très mal accueilli cette valse imprévue des dirigeants d'un groupe habituellement sans surprise. Le titre Bic a fini la séance de mercredi en repli de 8,02% à 129 euros, alors que le CAC 40 a gagné près de 3%.

- Bic Graphic en suspens -

La nouvelle du prochain départ de M. Guevara a été d'autant plus déstabilisante pour le marché qu'elle s'est greffée à des prévisions du groupe pour 2016 en baisse par rapport à l'an dernier.

Bic prévoit cette année un ralentissement de la croissance de ses ventes à base comparable, qui devrait atteindre environ 5% contre 6,2% en 2015, et une diminution de 1% à 1,5% de sa marge d'exploitation normalisée par rapport à 2015, où elle avait légèrement progressé pour s'établir à 19,3%.

Bic a justifié la baisse attendue de cette marge par un doublement l'an prochain de ses investissements dans la promotion de sa marque et dans la recherche-développement, soit plus de 100 millions d'euros pour «stimuler» sa croissance à long terme.

Autre facteur d'incertitude, l'avenir de la division de produits promotionnels Bic Graphic, pour laquelle le groupe va examiner «toutes les options stratégiques», y compris une cession, partielle ou totale. Une décision devrait être prise en fin d'année.

Division historique du groupe depuis 1969, Bic Graphic pénalise la rentabilité globale du groupe depuis plusieurs années. Longtemps affectée par la crise économique, la division a renoué avec la croissance en 2014 mais son activité est restée faible l'an dernier (+1,6% à 319,3 millions d'euros).

Cette division de 2.500 salariés est exposée à une forte concurrence sur le marché américain, sa principale zone d'activité, en raison d'une consolidation du secteur et l'arrivée de nouveaux entrants via internet.

Bic a annoncé mercredi des résultats solides en 2015 dans toutes ses zones géographiques, dépassant ses objectifs, conformément aux attentes du marché.

Le bénéfice net a atteint 325,1 millions d'euros, en hausse de 24% sur un an, pour un chiffre d'affaires de 2,24 milliards d'euros, en hausse de 13,3% ou de 6,2% à base comparable (hors effet de change et hors acquisition).

Au quatrième trimestre le bénéfice net s'est établi à 72,1 millions d'euros (+20,8%) et le chiffre d'affaires à 559,4 millions d'euros (+8,9% ou +7,3% à base comparable). La marge d'exploitation normalisée, principale indice de rentabilité du groupe, s'est toutefois resserrée à 15,8%, contre 17,6% un an plus tôt.

Le conseil d'administration va proposer pour l'exercice écoulé un dividende de 3,4 euros par action (contre 2,85 euros pour 2014), ainsi qu'un dividende exceptionnel de 2,50 euros «au regard de la bonne performance et de la solidité» du bilan.