Les aides aux entreprises pourraient bientôt être «conditionnées», prévient Manuel Valls

EMPLOI Pour l'instant, le dispositif phare du gouvernement n'a pas les résultats attendus...

C. A. avec AFP

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Le Premier ministre français Manuel Valls, après une réunion avec les représentants des grandes enseignes, à Paris, le 8 février 2016
Le Premier ministre français Manuel Valls, après une réunion avec les représentants des grandes enseignes, à Paris, le 8 février 2016 — PATRICK KOVARIK AFP

Manuel Valls a évoqué la possibilité que les aides aux entreprises accordées dans le cadre du pacte de responsabilité soient conditionnées, jugeant que les engagements du patronat en matière d’emploi n’étaient « pas satisfaisants ».

Depuis le lancement en janvier 2014 du pacte, dispositif phare du quinquennat de François Hollande destiné à inciter les entreprises à investir et embaucher, le bilan en matière d’emploi n’est toujours pas chiffré.

Des engagements non respectés

Mais la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a relevé à l’issue d’une réunion du comité de suivi avec les partenaires sociaux présidée par Manuel Valls, que seules 16 branches professionnelles sur les 50 plus importantes avaient à ce jour signé un accord dans le cadre de ce pacte.

« Nous avons souligné avec la ministre que ça n’était pas satisfaisant, que les engagements n’étaient pas respectés », a déclaré Manuel Valls. « Nous avons toujours dit que nous respecterions l’engagement financier » de 41 milliards d’euros au total de baisse du coût du travail en France, a-t-il dit. « Mais comme cela a déjà été parfois proposé, les aides peuvent être conditionnées, elles peuvent être réorientées vers d’autres entreprises, c’est cela que nous allons étudier », a ajouté le Premier ministre.

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Une « erreur majeure », selon le Medef

Le Medef a prévenu d’emblée que tout conditionnement des aides serait « une erreur majeure » et remettrait « par terre tout ce qui a été fait depuis deux ans », alors que les entreprises commencent à voir « les premiers effets » du pacte.

« Derrière, on sait qu’il y aura un effet sur l’emploi », a assuré le vice-président de l’organisation patronale, Geoffroy Roux de Bézieux, appelant de nouveau à ce que le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) « soit pérennisé et transformé en baisse de charges sociales », comme l’a annoncé François Hollande en janvier.

Conditionner les aides, la moindre des choses pour FO

Pour Pascal Pavageau, de FO, conditionner les aides serait « la moindre des choses » car « il s’agit d’argent public » : « il n’est pas normal de distribuer 100 milliards d’euros sur quatre ans sans avoir la capacité de vérifier » son impact sur l’emploi.

L’Union nationale des professions libérales (UNAPL) réclame quant à elle dans un communiqué « la transformation du CICE en un allègement pérenne des charges », ce qui permettrait « de diminuer le coût du travail qui constitue aujourd’hui le principal obstacle à la création d’emplois ».

Ce basculement devrait se faire « au plus tard en 2018 », a indiqué Manuel Valls lors de la réunion. Le Premier ministre s’est toutefois défendu de toute « menace ». « Il s’agit seulement de faire en sorte que chacun assume ses responsabilités », principalement le patronat, a assuré le Premier ministre qui avait déjà exprimé son impatience face à la faible mobilisation des entreprises. Une nouvelle réunion d’évaluation aura lieu avant l’été, a-t-il précisé.