La Cour des comptes réclame une augmentation des tarifs de la RATP et de la SNCF

ARGENT La Cour des comptes estime qu’il faut augmenter les tarifs des tickets et des forfaits donnant accès aux transports en commun franciliens... 

Céline Boff

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Illustration d'un Transilien.
Illustration d'un Transilien. — JPDN/SIPA

Pas sûr que la recommandation séduise les usagers des transports franciliens. Dans son rapport annuel publié ce mercredi, la Cour des comptes invite l’Etat et le Stif, comprenez le Syndicat des transports d’Ile-de-France, à « accroître la part du coût des transports financée par les voyageurs ».

Pour appuyer ce propos, les sages de la rue Cambon expliquent que « le prix payé par les voyageurs franciliens est l’un des plus faibles des grandes agglomérations comparables ». Et sortent les chiffres : alors qu’un ticket de métro coûte 1,80 euro à Paris, il revient à 2,60 euros à Berlin, à 2,90 euros à Genève et atteint même les 3 euros à Londres.

Des caténaires âgées… de 90 ans

Si la Cour réclame une hausse du prix des billets, c’est parce qu’il faut financer l’entretien et la maintenance du réseau Transilien. Une « priorité absolue », insiste-t-elle. Elle l’avait déjà dit en 2010, lors d’une précédente enquête menée sur la qualité des transports ferroviaires en Ile-de-France. Cinq ans plus tard, si l’institution salue le prolongement et l’arrivée de nouvelles lignes de tramway et de métro, elle estime toutefois que « la situation laisse persister plusieurs insuffisances ».

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A commencer par la vétusté du réseau. La Cour révèle que 30 % des aiguillages et 40 % des voies ont plus de 30 ans alors que le matériel est censé être régénéré à 25 ans. Son enquête montre également que les caténaires du RER C n’ont pas été changées… depuis plus de 90 ans. Ce manque d’entretien « entraîne la multiplication d’incidents, de trop nombreuses interruptions du trafic et, pour des raisons de sécurité, le ralentissement de la vitesse autorisée sur certains tronçons », notent les magistrats.

Résultat : « la régularité et la ponctualité de nombreuses lignes restent inférieures aux objectifs contractuels et, dans certains cas, se sont même dégradées ». Les sages rappellent qu’entre 2012 et 2014, l’indice de satisfaction des usagers a baissé pour les RER A et B et, en moyenne, pour le Transilien – seules trois lignes sur 14 ont vu leur taux progresser.

Le dézonage fait bondir les sages

Pour inverser la tendance, il faut donc améliorer le réseau existant, insiste la Cour. Ce qui nécessite de l’argent. Problème, comme le soulignent les magistrats, l’argent public – celui des contribuables, rappelons-le – manque, le recours à l’endettement est compromis au vu de la dette déjà accumulée par la SNCF et la RATP et il est difficile de demander plus aux entreprises, elles qui supportent déjà près de la moitié du coût des transports franciliens.

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Reste donc « la part à la charge des clients » qui, avec leurs tickets et abonnements, payent « seulement » 30 % du coût. Et même moins depuis cinq mois, avec la mise en place du dézonage. Une décision, « sans précédent en Europe », insistent les sages, qui se traduit par « un manque à gagner de 485 millions d’euros » et qui rend la Cour pessimiste, elle qui estime in fine « que les perspectives d’amélioration [du réseau francilien] demeurent aléatoires ».

>> Et vous, qu’en pensez-vous ? Seriez-vous prêts à payer plus pour obtenir un service de meilleure qualité ? Si oui, quelle hausse accepteriez-vous ? Dites-le nous dans les commentaires ou en envoyant un mail à contribution@20minutes.fr