Volkswagen: Le patron s'explique sur l'absence d'indemnisation des clients français

AUTOMOBILE Jacques Rivoal, président du directoire de Volkswagen France, s'est exprimé devant une mission parlementaire ce mardi, dans le cadre du scandale des moteurs truqués...

20 Minutes avec AFP

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Jacques Rivoal, président de Volkswagen France, lors de son audition à l'Assemblée nationale, le 9 février 2016.
Jacques Rivoal, président de Volkswagen France, lors de son audition à l'Assemblée nationale, le 9 février 2016. — AFP

Les rappels de véhicules Volkswagen équipés de moteurs aux logiciels truqués ont bel et bien commencé en France et, par conséquent, il n'y aura pas d'indemnisation des clients. Jacques Rivoal, président du directoire de Volkswagen France, l’a confirmé ce mardi, devant les députés. Le patron du groupe automobile avait été invité à s’exprimer devant la « Mission d’information de la conférence des Présidents sur l’offre automobile française dans une approche industrielle, énergétique et fiscale », mise en place à l’Assemblée nationale à la suite du scandale de triche aux émissions polluantes du géant automobile allemand.

Lors d’échanges courtois et posés avec les députés, il a décrit l’opération. Trois moteurs sont concernés : les 1,2, 1,6, et 2 litres diesel EA189 aux normes Euro 5. Pour les 1,2 et le 2 litres, l’opération durera une demi-heure, tandis que pour le 1,6 litres, « ça dure 45 minutes parce qu’il y a en plus l’ajout d’un régulateur de flux », une pièce en plastique à l’entrée d’air dans le moteur, a détaillé Jacques Rivoal. « Cette opération technique n’a strictement aucune conséquence sur la consommation du véhicule, donc le CO2, sur la puissance maximum du véhicule, sur le couple et sur le bruit », a-t-il assuré.

Près d'un million de véhicules concernés

Quelque 946 000 véhicules de marque Volkswagen, Audi, Seat et Skoda sont concernés dans l’Hexagone. Mais seuls 150 000 propriétaires ont jusqu’ici contacté Volkswagen via le site Internet spécialement mis en place, selon lui. Jacques Rivoal a souligné que ces rappels allaient faire augmenter l’activité du réseau de 20 % et nécessiter le recrutement de 900 personnes en CDD en France.

A la députée (PS) des Deux-Sèvres Delphine Batho, rapporteur de la mission, qui posait la question d’une indemnisation des clients européens, alors que les clients américains ont bénéficié d’un geste commercial, Jacques Rivoal a fait valoir que les situations et législations étaient différentes des deux côtés de l’Atlantique.

« Le NOx [oxyde d’azote] est une donnée contractuelle aux Etats-Unis, elle ne l’est pas en Europe », a-t-il indiqué, et la solution technique n’a pas été validée pour les diesels incriminés aux Etats-Unis, contrairement à ce qui a cours sur le Vieux continent.

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En Europe, « on considère qu’il n’y a pas de préjudice pour nos clients dans la mesure où nous allons faire en toute transparence cette opération de rappel », a-t-il insisté. Il a aussi affirmé, alors que des députés relevaient le ton serein de ces déclarations, qu'« une telle crise nous impacte énormément et moi le premier ».

A l’issue de l’audition, qui a duré près d’une heure et demie, Delphine Batho a affirmé sur son compte Twitter que « pour la plupart, les réponses n’étaient ni précises ni convaincantes… »