Vallourec: l'objectif est d'éviter les licenciements secs en France

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Le président du directoire de Vallourec Philippe Crouzet le 4 juin 2009 à Paris
Le président du directoire de Vallourec Philippe Crouzet le 4 juin 2009 à Paris — ERIC PIERMONT AFP

Le président du directoire de Vallourec, Philippe Crouzet, a assuré mardi que «l'objectif est qu'il n'y ait pas» de licenciements secs dans l'application en France du plan de restructuration annoncé la veille.

Le groupe, qui vaut aujourd'hui «beaucoup moins cher», «vit avec l'éventualité» d'une possible offre de rachat d'un concurrent, a-t-il par ailleurs déclaré, en évoquant aussi l'éclatement de son capital.

«Nous allons essayer de faire au mieux pour qu'il n'y ait pas de licenciements secs, pas de départs contraints», a dit M. Crouzet sur Radio Classique.

Interrogé sur le nombre de postes concernés par le plan de restructuration en France, il a indiqué qu'il s'agissait «de l'ordre de 500».

Le premier plan annoncé en avril 2015 par le fabricant de tubes en acier sans soudure concernait 550 postes, a-t-il rappelé. Soit au total «un peu plus de 1.000 emplois» concernés en France par les deux plans de restructuration.

«Nous avons tout de même une pyramide d'âge et un certain nombre de flexibilités» et «certains de nos sites de production ont des potentiels de croissance», a-t-il expliqué.

Lundi, des délégués syndicaux CGT et CFDT avaient exprimé leur crainte de «licenciements secs» en France, après l'annonce de la fermeture des laminoirs de Saint-Saulve (Nord) et Déville-les-Rouen (Seine-Maritime).

Interrogé par ailleurs sur l'hypothèse d'une OPA sur Vallourec, le président du directoire a dit que le groupe «viv(ait) avec cette éventualité».

«Aujourd'hui, peut-être plus qu'hier parce que nous valons beaucoup moins cher», mais «en même temps les conditions du secteur sont telles que le risque aussi est devenu beaucoup plus élevé pour un investisseur», a-t-il observé.

«Nous ne cherchons absolument pas à nous en protéger», a ajouté M. Crouzet.

Il a rappelé que les deux «actionnaires stratégiques», la banque publique Bpifrance et le «partenaire historique» Nippon Steel Sumitomo Metals Corporation (NSMMC), «ont accepté de plafonner leurs droits de vote à 15%, ce qui laisse ouvertes toutes les opportunités pour nos actionnaires et les investisseurs».

Bpifrance et NSMMC se sont engagés à souscrire pour moitié à l'augmentation de capital de 1 milliard d'euros annoncée lundi par Vallourec, mis en difficulté par l'effondrement des cours du pétrole.

M. Crouzet a d'autre part indiqué que le groupe menait des projets de diversification, alors que certains de ses marchés (automobile, centrales au charbon) ont décliné, et que la plus grande partie de son activité dépend des marchés pétrole et gaz touchés par l'effondrement des cours.

Mais «des chutes de cette ampleur, on ne s'en protège pas par une diversification. Quand vos clients perdent 70% de leurs recettes pour la même activité, le même effort et les mêmes dépenses, il n'y a pas de protection», a-t-il fait valoir.

Exemple de diversification: l'éolien en mer qui a «besoin de structures extrêmement résistantes et légères, ce qu'offrent (les) tubes» de Vallourec, selon lui. «C'est à un horizon de 5 ans, 10 ans».

«Vallourec ne va pas faire faillite», a-t-il encore assuré.