Les manuels scolaires n’aiment pas assez les entreprises

Guillaume Guichard

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La consultation gratuite des résultats de tous les baccalauréats sera possible en même temps que la diffusion payante par des entreprises privées, notamment de téléphonie, lundi dans la matinée, a assuré à l'AFP le ministère de l'Education.
La consultation gratuite des résultats de tous les baccalauréats sera possible en même temps que la diffusion payante par des entreprises privées, notamment de téléphonie, lundi dans la matinée, a assuré à l'AFP le ministère de l'Education. — Martin Bureau AFP/Archives
Si les jeunes n’aiment pas les entreprises, c’est à cause de l’école. Et plus précisément à cause des manuels scolaires d’économie de seconde. Du moins en partie. L’association Positive entreprise a décortiqué les livres de classe et a publié vendredi un rapport épinglant «une image pessimiste, incomplète, réductrice et idéologiquement orientée de l’entreprise».
 
«Ce n’est pas une bataille idéologique»
 
«Ce n’est pas une bataille idéologique», prévient d’emblée le président de l’association, Thibault Lanxade, qui a inscrit son entreprise au Medef et participe «à titre personnel» à certains travaux de l’organisation patronale. «Les livres scolaires ne reflètent pas une vision saine du travail», assure Thibault Lanxade.
 
«Chômage, licenciements, opposition entre patrons et ouvriers: il n’y a presque que des schémas anciens, comme si l’économie s’était arrêtée dans les années 80», regrette le président de l’association. Le rapport regorge de citations caricaturant l’entreprise du type: «Il ne suffit plus désormais de bien faire son travail, il faut le faire mieux que les autres, quitte à écraser ses collègues pour qu’ils deviennent moins compétents». Et de questions malvenues: «Le salaire du PDG d’une grande entreprise est combien de fois plus élevé que celui d’une caissière?»
 
Décalage
 
Afin d’éviter que ce «décalage entre l’école et l’entreprise» ne persiste, «il faut intégrer des chefs d’entreprise dans la commission des programmes scolaires», réclame Thibault Lanxade. Alors, les manuels pourront parler «d’épanouissement au travail», et plutôt «de libéralisme et de croissance» que de «redistribution».