Sarko veut la croissance, sans dire comment

A. Benoit - ©2007 20 minutes

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« Je ne vais pas attendre les bras croisés. » Pourtant, Sarkozy n'a rien annoncé de concret ni de nouveau dans le deuxième volet de sa politique économique, hier, à l'université du Medef. Le Président a plutôt développé son « projet de civilisation » : revaloriser le travail et le mérite pour atteindre la prospérité. Sautant des prix à Suez-GDF en passant par la mondialisation, le chef de l'Etat a fustigé les « débats » qui n'ont « pas beaucoup de sens » et les « oppositions » entre salariés, entreprises et consommateurs. Pour lui, la « vérité » nécessite la « rupture » promise, quitte à « bousculer ». Fustigeant « le manque de courage passé des élites », Sarkozy a souhaité des hausses de salaires et estimé qu'on se « moquait des Français » sur le pouvoir d'achat. Malgré son audience patronale, il s'est adressé à tous : ouvriers, créateurs, agriculteurs, fonctionnaires, etc. Et mis en garde les « spéculateurs » et les « prédateurs ». Car les entreprises seront soutenues « à fond », à condition d'être « exemplaires ».

réactions « Sarkozy est prudent, mais son but est clair : réduire les impôts et alléger le droit du travail », analyse le cabinet Xerfi. « Invoquer le rassemblement permet de passer vite sur les contradictions entre la logique du profit et l'intérêt général », selon Jacques Généreux, de Sciences-Po.