«Il a bousculé les grands patrons»

Propos recueillis par Guillaume Guichard

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"Cette rupture, je la ferai. Je ne laisserai personne y faire obstacle. Je ne laisserai personne l'édulcorer", a déclaré le chef de l'Etat lors de l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines), une première pour un président de la République.
"Cette rupture, je la ferai. Je ne laisserai personne y faire obstacle. Je ne laisserai personne l'édulcorer", a déclaré le chef de l'Etat lors de l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines), une première pour un président de la République. — Charles Platiau AFP

Frédéric Chaput, PDG de la PME Wildcat, spécialisé dans les emballages, réagit au discours économique qu’a tenu Nicolas Sarkozy à l’université d’été du Medef.

Qu’avez-vous retenu du discours du chef de l’Etat?
J’ai surtout apprécié la posture de Nicolas Sarkozy: «Moi je réforme l’Etat, vous les patrons, vous devez mettre les gaz». C’est du donnant-donnant. Il a appelé les patrons à endosser leurs responsabilités en termes de pouvoir d’achat. Je trouve ça bien, cet appel à la co-responsabilité. Il a bousculé les grands patrons.
 
Quelle mesure annoncée vous a particulièrement marqué?

Concentrer les aides aux PME qui ont une réelle volonté de croître plutôt que de saupoudrer les subventions pour tout le monde. Il y a trop de patrons flemmards qui gèrent leur boîte sans chercher à aller plus loin. C’est la différence entre les PME françaises et les PME allemandes. Les entrepreneurs qui ont envie de grandir, de bouger, doivent être plus soutenus. Le fait aussi qu’il mette l’accent sur les accords de branche est très positif. Il existe une carence du dialogue social et on ne sait pas la gérer.
 
Regrettez-vous des impasses dans son discours?
On aurait eu un discours conventionnel et élogieux, à la gloire des petits et des grands patrons, cela aurait été frustrant. Alors, ça ne me traumatise pas si certains thèmes n’ont pas été traités, comme la TVA sociale. Mais c’est vrai que le volet fiscal aurait pu être abordé de manière plus large. Maintenant, nous attendons la rupture concrète sur l’ensemble des sujets abordés.