Sarkozy préfère parler réforme avec les patrons

Angeline Benoit

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C'est lors de l'université d'été du Medef, sur le campus HEC de Jouy-en-Josas (Yvelines), que Sarkozy révèle cet après-midi le deuxième volet de sa thérapie économique sur la compétitivité des entreprises et le pouvoir d'achat. Une démarche controversée, alors que l'usage veut que le Premier ministre ou le ministre de l'Economie présente sa politique aux parlementaires à l'automne, lors de la loi de finances. Hier, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, et celui de FO, Jean-Claude Mailly, ont déploré le cadre du « grand discours » annoncé par l'Elysée, tandis que Laurence Parisot, patronne des patrons, y voyait un « bon signe ».

« L'université d'été est un lieu ouvert, de débat, où défilent tous les décideurs économiques et sociaux qu'il faut convaincre », a estimé le président du Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi. « Vu la crise financière et de conjoncture, le Président intervient au bon moment », a-t-il ajouté. La CFDT et la CFTC, elles, attendaient une réponse sur « le fond ». « Après avoir refusé un coup de pouce au smic, il est plus logique de remettre en cause le droit du travail devant le Medef que devant la CGT », ironisait pour sa part Jacques Généreux, économiste à Sciences-Po.

fiscalité Adopté cet été, le paquet fiscal divise. Les syndicats se plaignent de ne pas avoir été consultés et dénoncent l'injustice des cadeaux fiscaux faits notamment aux plus aisés. Des économistes doutent de l'efficacité des milliards d'euros débloqués, tandis que d'autres estiment qu'il faut attendre pour juger.