En 2015, les Français ont retiré 9 milliards d'euros de leur livret A

EPARGNE Le livret A a fait pâle figure en 2015 avec une décollecte nette de 9,29 milliards d'euros, sur fond de baisse de son taux...

20 Minutes avec AFP

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Illustration du livret A
Illustration du livret A — PFG/SIPA

En 2015, les Français ont plutôt boudé leur livret A, dont le taux a atteint son plus bas niveau historique. Ce produit d’épargne affiche une décollecte nette de 9,29 milliards d’euros, malgré un léger rebond en décembre 2015.

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Un taux au plus bas

Le livret de développement durable (LDD) n’a guère la cote non plus, avec une décollecte nette de 1,72 milliard d’euros en 2015. En cumulant les retraits des épargnants sur ces deux produits, la décollecte atteint 11,02 milliards d’euros. Ce niveau, certes important, reste néanmoins inférieur à celui du record constaté en 1996 (-12,8 milliards d'euros).

En 2015, le livret A a connu dix mois de désaffection, ne relevant la tête qu’en mars (+110 millions d’euros) et en décembre (+290 millions d’euros). Ce produit d’épargne reste le plus répandu en France, mais ce désamour s’explique notamment par la faiblesse de son taux. Ce dernier est passé le 1er août 2015 sous le seuil symbolique de 1 % pour s’établir à 0,75 %. Jamais, depuis sa création en 1818, il n’avait été à un niveau si bas.

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Maintien du taux à 0,75 % en 2016

Pourtant, son rendement reste supérieur à ce qu’il devrait être en théorie, si la formule permettant son calcul, qui repose beaucoup sur le niveau de l’inflation, était appliquée à la lettre. Si tel avait été le cas, le taux d’intérêt devrait être de 0,50 % actuellement et il aurait dû rester à ce plancher virtuel le 1er février 2016, date de sa prochaine révision.

Mais, la semaine passée, le gouvernement et la Banque de France ont à nouveau décidé de déroger à la formule en le maintenant à 0,75 % pour les six prochains mois. Malgré cet effritement de sa popularité, fin 2015, l’encours du Livret A (c’est-à-dire le montant total des sommes mises de côté via ce produit d’épargne) s’élevait à 255,9 milliards d’euros, un niveau encore confortable et plus de 50 % supérieur à ce qu’il était en 2008, notamment grâce au relèvement de 50 % de son plafond intervenu après l’élection du président François Hollande.

La Caisse des dépôts (CDC), qui récupère environ 65 % de cet encours pour diverses missions comme le financement de la construction de logements sociaux, a d’ailleurs dit à plusieurs reprises qu’elle disposait de ressources suffisantes pour les assurer.

Une embellie de la collecte en 2016 ?

La Caisse des dépôts n’établit pas de prévision concernant la collecte pour 2016. Mais le cabinet spécialisé Pair Conseil a évalué qu’un maintien du taux à 0,75 % pourrait entraîner une décollecte nette de 6,8 milliards d’euros pour le Livret A cette année, ce qui marquerait donc une amélioration par rapport à 2015.

Le début de l’année pourrait cependant se révéler compliqué, en raison de la baisse annoncée de la rémunération des plans d’épargne logement (PEL), pour les contrats ouverts à partir du 1er février. Celle-ci reculera alors de 2 % à 1,5 % mais les PEL déjà existants continueront à bénéficier de taux plus élevés. Lors du précédent recul de la rémunération des PEL - de 2,5 % à 2 % - il y a un an, le nombre d’ouverture de tels plans avait connu une hausse importante car les épargnants voulaient profiter du taux plus avantageux pendant que cela était encore possible. Le Livret A avait alors connu en janvier 2015 une décollecte nette de 850 millions d’euros.