VIDEO. Lutte anti-gaspillage: Comment les «biscuits moches» sont-ils fabriqués?

CONSOMMATION «20 Minutes» s'est rendu à Saint-Evarzec, où ces biscuits vendus par Intermarché en novembre ont été fabriqués...

N.Beu.
Des biscuits sur une chaîne de production dans l'usine Filet bleu, à Saint-Evarzec.
Des biscuits sur une chaîne de production dans l'usine Filet bleu, à Saint-Evarzec. — N. BEUNAICHE / 20 MINUTES

Intermarché a encore réussi son coup. Un an et demi après son opération « fruit et légumes moches », le groupe a récidivé avec ses « biscuits moches », estampillés anti-gaspillage. En novembre, ce sont plus de 7.000 paquets, vendus 30 % moins cher, qui se sont ainsi écoulés dans 146 magasins de l’enseigne en six jours. Un joli coup marketing qui intrigue. Pour en comprendre les dessous, 20 Minutes s’est donc rendu quelques semaines plus tard sur le lieu de fabrication et de conditionnement de ces drôles de produits.


Rendez-vous à l’usine de Saint-Evarzec, dans le Finistère. Dans cette biscuiterie baptisée Filet Bleu, ce sont chaque année 10.000 tonnes de biscuits qui sont fabriquées. Soit 5 % des ventes de ce segment en France. Or parmi ces produits, 1 à 1,5 % sont habituellement déclassés pour différentes raisons : cassés, abîmés, difformes…



Ils le doivent à des accidents de production. « Sur la chaîne, nous contrôlons à intervalle régulier différents critères comme la taille, le poids, la couleur ou la fêle des biscuits, explique Anne Pérès, la directrice du site. Si les résultats de ces contrôles ne sont pas conformes au cahier des charges du client, on déclasse les produits le temps d’ajuster les paramètres de production pour se remettre en conformité. » Ce qui peut se produire au calage de début de production, lors de la mise au point d’une nouvelle ligne ou d’un nouvel équipement, ou bien lors du lancement de nouveaux produits.


C’est ce type d’événement qui s’est produit chez Filet bleu quelque temps avant l’opération de novembre, justifiant l’organisation de l’opération « Biscuits moches ». Autrement dit, si la fabrication n’avait pas connu de hic, Intermarché n’aurait donc tout simplement pas eu l’idée ni les moyens de remplir les rayons de biscuits de ce type. Logique, dès lors, que ce genre d’opération reste ponctuel. « Ce ne sera jamais une filière de production à part entière, précise Patricia Chatelain, directrice marketing d’Intermarché. Pour déclencher une opération, il nous faut des quantités suffisantes… »

Par ailleurs, il faut savoir que ces biscuits déclassés, qu’Intermarché a intégrés à son effort contre le gaspillage, n’ont en fait jamais été jetés. Simplement, auparavant, ils étaient proposés à la vente directe dans les magasins de l’usine, vendus au personnel ou encore aux déstockeurs…