CCE d'Air France envahi: deux pilotes en conseil de discipline jeudi

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Deux pilotes d'Air France accusés d'avoir facilité l'entrée des manifestants lors du comité central d'entreprise (CCE) mouvementé d'octobre, au cours duquel deux dirigeants avaient vu leur chemise arrachée, passeront jeudi en conseil de discipline.
Deux pilotes d'Air France accusés d'avoir facilité l'entrée des manifestants lors du comité central d'entreprise (CCE) mouvementé d'octobre, au cours duquel deux dirigeants avaient vu leur chemise arrachée, passeront jeudi en conseil de discipline. — JACK GUEZ AFP

Deux pilotes d'Air France accusés d'avoir facilité l'entrée des manifestants lors du comité central d'entreprise (CCE) mouvementé d'octobre, au cours duquel deux dirigeants avaient vu leur chemise arrachée, passeront jeudi en conseil de discipline.

Les deux pilotes, mis à pied avec solde depuis mi-octobre, encourent une sanction maximale de 4 ans de blocage de carrière, a indiqué à l'AFP le groupe, confirmant une information du syndicat Alter (non représentatif, 9,85% des voix).

La direction leur reproche d'avoir avoir ouvert, avec leurs badges d'accès, un portique de sécurité, permettant l'intrusion des salariés qui manifestaient le 5 octobre devant le siège de la compagnie contre l'annonce d'un plan de restructuration menaçant 3.000 emplois.

Deux conseils de discipline, composés à parité de représentants des organisations syndicales et de la direction, se tiendront à 9h00 et 14h00. A défaut d'accord au sein des conseils, la sanction applicable serait réduite à une mise à pied sans solde de 15 jours, a précisé à l'AFP un représentant d'Alter.

Alter a appelé à la grève du 10 au 13 janvier pour dénoncer une procédure «scandaleuse» et «à charge» destinée à «intimider» les salariés en «fabriqu(ant) d'autres boucs émissaires après les cinq personnels au sol scandaleusement licenciés».

«Les procédures disciplinaires sont conduites de façon juste, équitable, proportionnée et rigoureuse», affirme de son côté la direction.

Les deux syndicats représentatifs de pilotes, le SNPL, majoritaire, et le Spaf, n'ont, eux, pas appelé à débrayer.

D'après la CGT, sur les cinq licenciements engagés contre des salariés au sol suspectés de violences, quatre ont été confirmés après le rejet de leurs recours gracieux et l'inspection du travail doit rendre d'ici la fin janvier son avis sur le sort de la cinquième personne, délégué du personnel CGT. Onze autres salariés à qui la direction reproche d'avoir secoué une grille d'accès ont également écopé d'une mise à pied de 15 jours.

Sur le plan judiciaire, cinq salariés seront jugés le 27 mai devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des faits de «violence en réunion» sur deux cadres et des vigiles et dix autres pour «dégradations».

Alors que la CGT a appelé à la grève le 28 janvier pour demander l'arrêt des poursuites contre les salariés et des suppressions de postes programmées, le SNPL n'envisage pas de déposer un préavis.

Notant un «changement de ton» du nouveau DRH d'Air France, Gilles Gateau, dans une vidéo adressée lundi aux salariés, le premier syndicat de pilotes souhaite «laisser encore un peu de chance à la négociation» engagée pour éviter la deuxième partie du plan social, c'est-à-dire les 2.000 suppressions de postes programmées en 2017, a expliqué à l'AFP sa porte-parole Véronique Damon.