Royaume-Uni: En deux jours, les gros patrons ont déjà gagné plus que la moyenne

REMUNERATION Ce mardi soir, les patrons des 100 premières entreprises cotées en bourse auront gagné plus que le salaire annuel britannique moyen, qui s’élève à 37 600 euros...

20 Minutes avec AFP

— 

La Bourse de Londres (illustration).
La Bourse de Londres (illustration). — M.ASTAR/SIPA

La différence est frappante. Ce mardi soir, soit deux jours après la reprise du travail à la suite du Nouvel An, les grands patrons britanniques auront déjà engrangé plus d’argent que le travailleur moyen du Royaume-Uni sur toute l’année 2016.

D’après le groupe de réflexion High Pay Centre (article en anglais), qui a fait le calcul, les directeurs généraux des 100 entreprises faisant partie de l’indice FTSE-100 des principales valeurs de la Bourse de Londres auront ainsi gagné ce mardi plus que le salaire annuel britannique moyen, qui s’élève à 27 645 livres (37 600 euros).

Cette journée, surnommée « mardi des gros bonnets » (« fat cat tuesday »), « met à nouveau en lumière le problème permanent des différences de salaire au Royaume-Uni », relève le directeur du High Pay Centre, Stefan Stern.

Un salaire horaire de plus de 1 600 euros

Les grands patrons ont gagné en moyenne 4,96 millions de livres (6,75 millions d’euros) en 2014. Selon le centre d’études, cela équivaut à un salaire horaire de plus de 1 200 livres (1 600 euros), soit plus que le smic brut mensuel, qui est de 1 466,62 euros.

Depuis la crise financière, le gouvernement britannique s’est efforcé de limiter les salaires et les bonus des hauts dirigeants. Les actionnaires peuvent désormais s’opposer à la politique de rémunération lors des assemblées générales. Les grands groupes sont également obligés depuis 2013 de publier des chiffres plus transparents sur la paie des patrons, qui en général reçoivent en plus de leur salaire de base des bonus, stock-options et autres avantages.

Le groupe de réflexion High Pay Centre note non sans ironie que ses chiffres permettent de s’interroger sur l’efficacité de la politique du gouvernement.