Ryanair suspend ses vols pour obtenir le service minimum à Charleroi

G. G. avec AFP

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La Commission européenne a interdit mercredi le projet d'acquisition de la compagnie aérienne irlandaise Aer Lingus par sa compatriote à bas coût Ryanair, ce qui constitue son premier veto depuis deux ans et demi.
La Commission européenne a interdit mercredi le projet d'acquisition de la compagnie aérienne irlandaise Aer Lingus par sa compatriote à bas coût Ryanair, ce qui constitue son premier veto depuis deux ans et demi. — Berthold Stadler AFP/DDP/Archives
Ryanair fait la grève des vols… pour obtenir le service minimum. La compagnie aérienne irlandaise à bas coût suspendra ses vols au départ de l’aéroport de Charleroi (sud de la Belgique) à compter du 12 novembre pour obtenir un service minimum en cas de conflit social, a annoncé la société sur son site Internet. Ryanair demande aussi des dédommagements à hauteur d’un million d’euros.

Du 15 au 17 juin, les employés de l’aéroport en grève ont provoqué la fermeture du site et contraint la compagnie irlandaise à annuler tous ses vols. 22.500 passagers n’avaient pu décoller en ce début d’été. La compagnie espère pouvoir reprendre ses vols très rapidement. Mais à la seule condition de recevoir «l'assurance qu'une éventuelle grève ne pourra plus bloquer cet aéroport international».

«Entrepreneur de république bananière»

L'administrateur délégué de l'aéroport de Charleroi, Marcel Buelens, doit se rendre jeudi à Dublin pour s'entretenir avec le patron de Ryanair, Michael O'Leary. Du côté des syndicats, la réaction de la compagnie aérienne ne passe pas. «Monsieur O’Leary, tel un entrepreneur de république bananière, entend supprimer un des droits les plus fondamentaux, inscrit dans notre Constitution», a accusé la Centrale nationale des employés, un syndicat belge. Et les syndicats de s’interroger pourquoi la compagnie réagit si tardivement à la grève de juin.

Sans Ryanair, l’aéroport de Charleroi n’est pas grand-chose. Grâce à la compagnie irlandaise, le trafic passager est passé de 200.000 à 2,5 millions en l’espace de six. Le ministre wallon des transports a rappelé, dans une interview au Soir, que la Belgique avait consenti de gros efforts pour accueillir la compagnie aérienne. Mais les subventions consenties pour l’établissement de Ryanair à Charleroi avaient été annulées par la Commission européenne. La même chose était arrivée à Strasbourg en 2005.