Contre la fraude, les banques vont vous proposer une carte dynamique

ACHATS Pour lutter contre la fraude, les banques ont imaginé une carte dont le cryptogramme change toutes les vingt minutes...

N.Beu.
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Illustration carte bancaire.
Illustration carte bancaire. — Charlotte Gonthier/20 Minutes

Face à la fraude, les banques jouent la carte du « cryptogramme dynamique ». Selon Le Parisien, la carte bancaire du futur devrait en effet être dotée d’une horloge interne permettant de modifier, toutes les vingt minutes, les trois chiffres du cryptogramme visuel situé sur l’envers de la carte à puce.

Aussi épaisse et de même taille que la classique, cette CB serait dotée d’un écran miniature assez large pour afficher, en noir et blanc, les trois chiffres en question. En changeant à fréquence rapprochée, ceux-ci compliqueraient ainsi la tâche des pirates informatiques, qui n’auraient que vingt minutes maximum pour effectuer un grand nombre d’achats ou revendre ces informations à d’autres escrocs.

Pas une « baguette magique »

Les clients seraient, quant à eux, mieux protégés, même si la technologie les empêcherait de facto d’enregistrer leurs coordonnées sur leurs sites préférés. De leur côté, les banques y trouveraient un double intérêt : non seulement elles restaureraient la confiance des clients dans leurs services, mais elles réduiraient surtout fortement le coût que représente la fraude pour leur propre trésorerie, alors que 840.000 ménages en ont été victimes en 2014.

Le cryptogramme dynamique n’agira toutefois pas comme une « baguette magique », prévient Gilles Defendini, un expert de la lutte contre la fraude interrogé par Le Parisien. « En matière de sécurité, aucune technologie n’est infaillible. Dès lors que vous transmettez des informations bancaires sur Internet ou que votre processus réclame, à un moment ou à un autre, une intervention humaine, la fraude reste toujours possible. Or, ces nouvelles cartes sont produites par quelqu’un et la transaction a lieu sur Internet… » avance-t-il. Sans compter que des sites, à l’étranger, n’imposent pas de donner son cryptogramme pour régler des achats.

Selon lui, cette nouvelle technologie sera un vrai rempart contre l’arnaque « du caissier qui prend en note vos coordonnées bancaires pour les réutiliser ensuite sur le Net ». Mais il se dit plus sceptique sur « les autres types de fraude ». Magique ou non, la solution devrait bien être commercialisée par les grands réseaux bancaires, sous réserve que les tests effectués par certains d’entre eux (BNP Paribas, La Banque postale et la Société générale, notamment) auprès de leurs clients soient fructueux. Il faudra aussi résoudre le problème du financement de cette nouvelle carte bancaire, qui coûte plus cher que la carte classique.