La crise des prêts immobiliers à risques américains (subprime), va coûter au total quelque 150 milliards de dollars aux investisseurs dans le monde, selon une étude de Calyon, filiale de financement et d'investissement du Crédit Agricole.
La crise des prêts immobiliers à risques américains (subprime), va coûter au total quelque 150 milliards de dollars aux investisseurs dans le monde, selon une étude de Calyon, filiale de financement et d'investissement du Crédit Agricole. — Paul J. Richards AFP/Archives

REVUE DE BLOGS

«Subprime, yabokou?»

Les économistes analysent la crise financière actuelle...

Les économistes sont parfois aussi blogueurs. Ils se sont évidemment saisis de la question des «subprimes» et ont apporté des réponses fort documentées aux questions des néophytes. Revue de blogs.
 
«Subprime, yabokou?»

Gizmo chiffre : «On estime que 25% des ménages américains sont concernés par le crédit subprime.» Ce qui représente un total de 1.100 milliards de dollars. Et combien sont pourris? 14% d’entre eux ces derniers mois, un chiffre en hausse. Soit un montant douteux de 45 milliards d’euros, explique Gizmo.
 
C’est possible en France?

Spécialiste de l’économie bancaire, Gizmo développe dans un long billet pourquoi une crise des «subprimes» ne peut pas survenir en France. D’abord, «les banques françaises ont une politique plus prudente que les banques américaines en matière de crédit immobilier». Elles réclament plus de garanties. Ensuite, 77% des prêts à long terme sont accordés à taux fixes, les ménages ne sont donc pas victimes des remontées récentes des taux d’intérêt.
 
Enfin et surtout, «il existe en France une législation sur l'usure, qui protège les emprunteurs contre des comportements usuraires des établissements prêteurs». A savoir, qu’est «considéré comme usuraire au trimestre t+1 pour une catégorie donnée, un prêt dont le taux débiteur excèderait de 33 % le taux moyen observé au trimestre t».  Exemple: au premier trimestre 2007, le taux moyen était de 4,81%, et par conséquent le taux d’usure de 6,41%.
 
Pourquoi les Banques centrales dépensent-elles des milliards pour sauver les riches et ne donnent-elles pas un kopek pour aider les pauvres?, se demande en substance Stephen Ceccheti, blogueur et ancien directeur de recherche à la Fed. Une interrogation lue à plusieurs reprises dans les commentaires des lecteurs de 20Minutes.fr. L’éminent chercheur explique que les banques centrales octroient en fait «des prêts totalement garantis qui seront repayés le lendemain (ou la semaine suivante). Donc, les fonds qu’elle injecte aujourd’hui seront retirés presque immédiatement.»
 
«Si, au lieu de cela, la Fed émettait 35 milliards de dollars en billets de 20 dollars et se mettait à les distribuer aux nécessiteux, ceci provoquerait une augmentation permanente de la quantité de monnaie en circulation, continue Stephen Ceccheti. Plus de monnaie dans le long terme signifie des prix plus élevés – c’est-à-dire de l’inflation.» Et l’inflation tue la croissance.
 
Comment faire pour éviter d’autres crises?
Jules propose une solution de juriste. Il constate que «le problème du jour est que les règlements existants ont été impuissants à garantir aux acteurs un environnement stable. Les institutions financières hésitent à prêter à leurs partenaires et les banques centrales doivent agir pour éviter que la sclérose financière ne s'installe.» Pour Jules, il faut «des normes plus strictes. […] Et c'est ainsi que le juriste, plaidant pour sa chapelle, invite à la réglementation et au contrôle… pour la sauvegarde de l’économie libérale.»