Vers une sortie de crise entre l’Etat et Renault-Nissan ?

AUTOMOBILE A l'origine de ces tensions, la décision du gouvernement socialiste de faire monter l'Etat de 15 à 19,7% du capital de l'ancienne Régie nationale...

20 Minutes avec AFP

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Carlos Ghosn le 28 octobre 2015 à Tokyo
Carlos Ghosn le 28 octobre 2015 à Tokyo — KAZUHIRO NOGI AFP

Le feuilleton qui dure depuis 8 mois va-t-il enfin trouver son épilogue ? Ce vendredi matin, Renault, réunit  une nouvelle fois son conseil d'administration alors que les tractations entre son partenaire japonais Nissan et le gouvernement français sur l'influence renforcée de l'Etat au sein du constructeur automobile pourraient enfin connaître une percée.

A l'origine de ces tensions, la décision du gouvernement socialiste de faire monter l'Etat de 15 à 19,7% du capital de l'ancienne Régie nationale, le 8 avril. Il a ainsi réussi à imposer en assemblée générale des actionnaires l'application de la loi «Florange» qui récompense les détenteurs d'actions de long terme par l'octroi de droits de vote double.

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Coup de force

L'Etat, qui pourra exercer de tels droits dès la prochaine AG, s'y est de facto assuré une minorité de blocage, même s'il redescend d'ici là à 15% comme le ministre de l'Economie Emmanuel Macron le promet. Le coup de force a déplu à Nissan, également dirigé par Carlos Ghosn. Les deux entreprises sont liées depuis 1999, Renault détenant 43,4% du capital du constructeur japonais, tandis que ce dernier contrôle 15% de Renault.

Toutefois, au titre de la réglementation sur l'«autocontrôle», Nissan ne jouit pas de droits de vote chez Renault bien que son activité représente aujourd'hui plus du double de celle de son partenaire hexagonal. Selon la firme japonaise, l'influence accrue des pouvoirs publics français est de nature à déséquilibrer l'alliance.

Après une précédente réunion début novembre sans grand résultat, les négociations pour trouver un compromis acceptable par les deux parties semblent bien engagées, selon une source proche du dossier: l'Etat renoncerait ainsi à utiliser ses droits de votes doubles en dehors des «décisions stratégiques». L'idée est de parvenir à «un accord sur les circonstances lors desquelles ces votes seront actionnés, et celles lors desquelles ils ne le seront pas», a-t-elle souligné.

Une piste qui paraît compatible avec la position de d'Emmanuel Macron. A l'Assemblée nationale, il a affirmé mardi que «notre priorité est aujourd'hui de conserver une minorité de blocage en assemblée générale, c'est-à-dire de sanctuariser la capacité de l'Etat sur des décisions structurantes».

Une opération à 2,6 milliards d'euros

Le ministre n'a pas précisé ce qu'il entendait par «décisions structurantes», et notamment si cela incluait l'accord de compétitivité conclu entre Renault et les syndicats en 2013. Ce pacte qui expire fin 2016 engage le constructeur au losange à maintenir ses usines en France, en échange d'efforts des employés sur le temps de travail et les salaires, pour baisser le coût de la main-d'oeuvre.

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Si aucune entente n'était trouvée, Nissan pourrait décider de monter à 25% dans Renault, une opération qui lui coûterait 350 milliards de yens (2,6 milliards d'euros) et annulerait les droits de vote de Renault dans le groupe nippon, rapportait vendredi la presse japonaise. Le quotidien économique Nikkei avait fait état d'informations similaires la semaine dernière.