La Bourse de Paris attend la Fed pour tenter de finir l'année sans trop de casse

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Le fronton du Palais Brongniart à Paris
Le fronton du Palais Brongniart à Paris — Thomas Coex AFP

La Bourse de Paris attend avec impatience la semaine prochaine le verdict de la Réserve fédérale américaine sur un début de remontée de ses taux directeurs, pour tenter de finir sans trop de casse l'année 2015.

Toujours pas remise d'une réunion de la Banque centrale européenne dont les annonces ont fortement déçu les marchés début décembre, la Bourse de Paris se prépare désormais à accueillir le coup d'envoi d'une hausse des taux de la Fed, une première en presque une décennie.

«C'est la grosse échéance que tout le monde attend pour finir l'année», résume Isabelle Enos, directrice adjointe de la gestion de B*Capital (BNP Paribas).

«Mais il n'y a pas pour autant de grand suspense», car pour la grosse majorité des investisseurs, l'institution «se dirige vraiment vers une première hausse de ses taux et c'est ce que les marchés ont même déjà intégré», analyse-t-elle.

«Personne n'envisage que la Fed refasse le même coup qu'en septembre et ne bouge pas», estime également Jean-Louis Mourier, un économiste du courtier Aurel BGC.

Le statu quo décidé par la Fed en septembre en invoquant une conjoncture économique mondiale difficile avait beaucoup contrarié les marchés.

- Sept ans de réflexion -

Selon Mme Enos, ce qu'ils vont surtout surveiller, ce sera du coup «le discours qui accompagnera la remontée» dont tout le monde espère qu'il sera accommodant avec une hausse des taux «très progressive et totalement en phase avec les dernières données économiques».

«Sept ans de réflexion (...) Fin 2008, nul n'imaginait que cette mesure, décidée dans l'urgence pour éviter une dépression comparable à celle des années 1930, durerait aussi longtemps», souligne pour sa part Bruno Cavalier, Chef économiste de Oddo Securities.

«Même prévenu, aucun investisseur ne peut rester tout à fait serein à l’approche d’un changement de régime touchant l’action de l'institution la plus puissante dans la première économie mondiale», développe-t-il.

Avant d'arriver à cette échéance clé dont l'impact ne sera sensible que jeudi matin sur les marchés européens, prudence et volatilité devraient clairement dominer sur la place parisienne.

Même si cette dernière ne manquera pas dans l'intervalle de statistiques pour s'occuper: confiance des milieux financiers allemands (baromètre ZEW) en décembre, inflation et production industrielle américaine en novembre, chiffres d'activité en zone euro et aux États-Unis.

Les publications américaines en particulier «peuvent être une source de volatilité, en générant des doutes de dernière minute» sur la décision de la Fed, note M. Mourier.

«Mais une fois franchi le Rubicon» et libérée de ses incertitudes sur la politique monétaire américaine, la place pourrait connaître un «petit rebond de fin d'année», complète-t-il. Sans pour autant rattraper les heures les plus fastes de la première partie de l'année où la cote avait réussi à engranger plus de 20%.

- Le secteur pétrolier «atteint ses limites» -

Car, pour l'économiste d'Aurel BGC, «beaucoup d'autres éléments pèsent encore», à commencer par «des perspectives mondiales qui ne permettent pas d'être vraiment optimistes sur les performances des entreprises» et une baisse des prix du pétrole qui soulève nombre d'interrogations.

Le recul de cette semaine est certes en partie lié à la déception créée par la BCE mais «il est surtout dû à la baisse des cours du pétrole», juge Mme Enos.

Au cours de la semaine écoulée qui ne comptait pas d’événement particulier, l'indice CAC 40 a ainsi perdu 3,50% pour terminer vendredi à 4.549,56 points, soit son plus bas niveau depuis début octobre. Ses gains depuis le 1er janvier sont ramenés à 6,48%.

Le recul des prix du pétrole «qui était un élément favorable jusqu'ici est en train de devenir une source d'inquiétude», tant «la chute est rapide», relève-t-elle. Face à cette érosion continue, le secteur du pétrolier «atteint ses limites».

Mais, poursuit la spécialiste, «tout n'est pas noir en cette fin d'année et si la cote parisienne finit sur une hausse de 10%, ce sera quand même une bonne cuvée».

Cac 40 (Euronext)