Scandale Volkswagen: Le constructeur est-il sorti d’affaire ?

AUTOMOBILE Le groupe allemand assure ne pas avoir menti sur le niveau d'émission de CO2 de 800.000 voitures...

N.Beu.

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Matthias Müller, le président de Volkswagen, à Wolfsburg, en Allemagne, le 20 novembre 2015.
Matthias Müller, le président de Volkswagen, à Wolfsburg, en Allemagne, le 20 novembre 2015. — Julian Stratenschulte/AP/SIPA

La route se dégage pour Volkswagen. Empêtré dans plusieurs scandales depuis septembre, le constructeur automobile a assuré ce mercredi ne pas avoir menti sur le niveau d’émission de CO2 de 800.000 voitures, contrairement à ses affirmations début novembre. Une bonne nouvelle, assurément. Mais le groupe allemand n’est pas pour autant sorti d’affaire. Explications.

Pourquoi Volkswagen dément-il ses propres révélations ?

Dans son communiqué, le groupe explique qu’« après des contrôles internes et mesures complètes, il est dorénavant établi que sur presque tous les modèles, les émissions effectives de CO2 correspondent aux valeurs indiquées » dans les spécifications techniques. Ce qui s’est passé, selon le consultant Bertrand Rakoto, interrogé par 20 Minutes, c’est qu’en novembre, l’amnistie accordée aux salariés de Volkswagen souhaitant témoigner a fait remonter des informations sur les manipulations des données de consommation des véhicules. Des estimations très larges ont alors été faites sur cette base, avant que des tests les ramènent à leur juste niveau. « On va toujours très vite en communication », estime Bertrand Rakoto. Trop, en l’occurrence.

En quoi est-ce une bonne nouvelle pour la firme allemande ?

« C’est une bonne nouvelle concernant cette question du CO2 et de l’éventuel coût financier qui y était associé », résume l’analyste Michael Punzet, cité par l’AFP. En effet, précise Bertrand Rakoto, « la fiscalité des véhicules étant fondée sur le CO2 en Europe, Volkswagen aurait dû rembourser aux Etats le bonus écologique touché par les conducteurs ». Soit deux milliards de dollars en tout. Lavé de tout soupçon de fraude fiscale, le constructeur va échapper à toute enquête. Dès ce mercredi, le titre Volkswagen a par ailleurs grimpé de 6% à la Bourse de Francfort.

Volkswagen est-il blanchi dans l’affaire des émissions de CO2 ?

Pas tout fait. Les derniers contrôles réalisés ont quand même détecté « de légères déviations de mesure sur seulement neuf modèles de la marque Volkswagen », affirme la marque allemande dans son communiqué. Mais les erreurs sont minimes puisqu’elles ne concernent que 36.000 véhicules et 0,5 % de la production annuelle de celle-ci. Ces modèles vont être réexaminés par un service technique indépendant.

De quoi Volkswagen est-il encore accusé ?

Si le scandale des émissions de C02 se dégonfle, « le gros » des accusations reste, selon Bertrand Rakoto. Car comme le souligne Michael Punzet, l’actualité du jour « n’a aucun lien avec le problème de la tricherie sur les émissions polluantes » d’oxydes d’azote (NOx). Pour rappel, le constructeur allemand avait admis en septembre avoir équipé onze millions de véhicules, surtout en Europe, d’un logiciel pouvant fausser la mesure du NOx. Il devra en répondre.

Que risque le constructeur ?

Aux Etats-Unis, indique Bertrand Rakoto, « le groupe risque une amende maximale de 18 milliards de dollars » (16,4 milliards d’euros). Soit 9 % du chiffre d’affaires annuel du groupe en 2014, comme le rappelaient Les Echos en septembre. Mais ce n’est pas tout, ajoute Bertrand Rakoto. Il faut ajouter à cela le coût des rappels des véhicules, prévu pour janvier, et celui des poursuites judiciaires, notamment de consommateurs. L’affaire des moteurs diesel truqués sera jugée à San Francisco, a appris ce mercredi Volkswagen, qui se prépare au pire.