Les moteurs truqués de Volkswagen: les étapes d'un scandale à rebondissements

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Le logo du constructeur allemand Volkswagen à son siège de Wolfsburg le 9 novembre 2015
Le logo du constructeur allemand Volkswagen à son siège de Wolfsburg le 9 novembre 2015 — JOHN MACDOUGALL AFP

Depuis septembre révélations et aveux se succèdent sur Volkswagen, des moteurs diesel truqués au scandale du CO2 - qui s'est finalement dégonflé mercredi. Petit récapitalutif de l'actualité chargée du plus gros constructeur automobile européen.

2014 : des chercheurs de l'Université de Virginie Occidentale, mandatés par une ONG écologiste, mènent des tests sur route sur des véhicules Volkswagen et constatent qu'ils émettent jusqu'à 40 fois les quantités autorisées d'oxyde d'azote. Ils préviennent les autorités américaines, qui s'adressent à Volkswagen. Le groupe soutient que les écarts entre les mesures en condition de test et sur route sont dûs «à différents problèmes techniques et à des conditions d'utilisation inattendues».

A partir de mai 2015 : l'autorité californienne de l'environnement Carb procède à une nouvelle série de tests, qui ne donnent toujours pas satisfaction. Carb prévient Volkswagen, et l'autorité fédérale EPA. S'en suivent une série de «réunions techniques» entre les autorités et le constructeur.

3 septembre 2015 : incapable de fournir des réponses convaincantes, Volkswagen admet aux autorités américaines l'installation délibérée d'un logiciel fraudeur.

18 septembre : en plein salon de l'automobile de Francfort, l'affaire est rendue publique par l'EPA.

22 septembre : l'action Volkswagen dévisse de près de 20% après avoir perdu 19% la veille, soit 30 milliards d'euros de capitalisation boursière évaporés en deux jours. Le constructeur admet que 11 millions de ses véhicules dans le monde sont équipés du logiciel de trucage et son patron présente ses excuses.

23 septembre : Martin Winterkorn annonce sa démission, tout en affirmant n'avoir jamais rien su de l'affaire. La justice allemande ouvre une enquête préliminaire au pénal.

25 septembre : Volkswagen nomme Matthias Müller, 62 ans et patron de la marque Porsche, à sa tête avec la promesse de faire toute la lumière sur l'affaire. Aux Etats-Unis, les autorités interdisent à Volkswagen la vente de ses modèles 2016 de voitures diesel.

6 octobre 2015 : Matthias Müller prépare les salariés de Volkswagen, réunis en assemblée générale, à des lendemains difficiles. Le scandale coûtera au groupe des dizaines de milliards d'euros et «tout cela ne se fera pas sans douleur».

9 octobre : le ministère allemand des Transports confirme que trois types de motorisation sont concernés, 2 litres, 1,6L et 1,2L.

28 octobre : Volkswagen publie ses comptes pour le troisième trimestre 2015. Le constructeur accuse son premier trimestre dans le rouge en plus de 15 ans, du fait des 6,7 milliards d'euros de provisions mises de côté par le groupe pour faire face au scandale.

2 novembre : l'EPA annonce que Volkswagen a aussi installé des dispositifs fraudeurs sur des moteurs diesel 3 litres plus puissants équipant au moins 10.000 voitures Audi et Porsche aux Etats-Unis. Le constructeur admettra plus tard que 75.000 véhicules sont en fait concernés.

3 novembre : le géant de l'automobile admet des «incohérences inexpliquées» sur environ 800.000 véhicules supplémentaires, dont 98.000 voitures à moteur essence. Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) de certains véhicules de marque VW, Skoda, Audi et Seat seraient jusqu'à 18% plus élevées que ce que le constructeur promet sur le papier.

21 novembre : Volkswagen transmet une proposition de solution de réparation à l'EPA et au Carb.

30 novembre : l'autorité automobile allemande KBA confirme avoir reçu de Volkswagen ses solutions techniques pour l'Europe pour les trois types de moteurs affectés.

1er décembre 2015 : le constructeur annonce qu'une cinquantaine de ses salariés sont passés aux aveux dans le cadre du programme d'amnistie proposé aux employés jusqu'au 30 novembre, pour accélérer l'enquête interne sur les moteurs diesel truqués.

9 décembre : après vérifications approfondies, Volkswagen déclare finalement ne pas avoir triché sur le niveau d'émission de CO2 de 800.000 voitures. Les autorités allemandes indiquent que leurs examens se poursuivent.