Sanofi: La direction prête à investir si les salariés acceptent de rogner sur les RTT

SOCIAL La Direction plaide pour une réduction du nombre de repos compensateur et pour des rythmes de travail plus flexibles…

H.S.

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Toulouse, le 27 septembre 2012. Jean Luc Melenchon est venu sur le site de Sanofi en soutien aux salaries qui ont plante un erable sur un rond point proche de leur entreprise.
Toulouse, le 27 septembre 2012. Jean Luc Melenchon est venu sur le site de Sanofi en soutien aux salaries qui ont plante un erable sur un rond point proche de leur entreprise. — Fred.Scheiber

« Améliorer la productivité », voilà l’un des arguments avancés par le groupe pharmaceutique Sanofi Pasteur pour justifier sa volonté de dénoncer l’ensemble des accords sur l’organisation du temps de travail. Actuellement, les 6.400 salariés français bénéficient de 21 jours de RTT. Un chiffre que la direction aimerait diminuer à 12 jours selon Usine Nouvelle, à l’origine de l’information.

Ce mercredi, une première réunion d’information des délégués du personnel réunis en Comité central d’entreprise, devait définir les contours de ces négociations censées s’étaler sur trois mois. Interrogé par l’AFP, un porte-parole de la division vaccins, expliquait la nécessiter « d’améliorer notre capacité à produire plus » et dénonçait des accords sur le temps de travail générant de la « complexité et de la rigidité ».

« Un coup de poing dans la gueule »

« Sanofi se targue d’être une entreprise modèle en matière de dialogue social, si c’est pour mettre un coup de poing dans la gueule de ses salariés… », souffle Thierry Bodin, coordinateur de la CGT au sein du groupe. Même incompréhension du côté de la CFDT, syndicat majoritaire chez Sanofi : « On est dans la résignation. Ils veulent toucher à nos acquis sociaux alors que l’entreprise est l’une des plus riches de France. Les salariés ont le sentiment de trinquer alors que l’on distribue toujours plus aux actionnaires ». En 2015, le chiffre d’affaires de la société serait en hausse de plus 11 % par rapport à l’année précédente.

463 millions d’euros d’investissements

Autre sujet de discorde : les conditions d’investissements données par la direction. 463 millions d’euros pourraient être injectés aux trois sites français si la réorganisation du travail est acceptée par les différentes parties. « Du chantage pur et simple, pour Thierry Bodin de la CGT, d’autant que cela fait des années que nous demandons des investissements ».

>> Sanofi : Le bonus d’arrivée du nouveau patron jugé « incompréhensible » par Stéphane Le Foll

Si la direction n’a pas confirmé un tel accord, le document transmis aux organisations syndicales et cité par le magazine Usine Nouvelle, est clair : « Ces investissements, s’ils sont réalisés en France, contribueraient à la pérennité de l’activité et des emplois sur nos sites en France. La refondation rapide de notre organisation du travail en est un prérequis ». La prochaine réunion devrait se tenir le 15 décembre prochain.