Quotas de pêche: la France s'opposera aux propositions de la Commission européenne sur certaines espèces

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Le secrétaire d'Etat à la pêche Alain Vidalies, le 25 novembre 2015 à Paris
Le secrétaire d'Etat à la pêche Alain Vidalies, le 25 novembre 2015 à Paris — BERTRAND GUAY AFP

La France s'opposera à certaines propositions de baisses de quotas de pêche de la Commission européenne, jugeant leur «rythme» trop rapide au regard de l'impact économique pour les pêcheurs, a annoncé mardi le secrétaire d'Etat à la pêche Alain Vidalies.

«La France est d'accord avec l'objectif de la Commission (de préserver les stocks de poisson, NDLR) mais c'est le rythme pour y parvenir qui fait l'objet des débats», a expliqué M. Vidalies lors d'une audition devant la commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale.

Les propositions de la Commission visant à atteindre le «rendement maximum durable» (RMD) dès 2016 doivent «être modulées (...) si elles mettent en danger la viabilité sociale et économique des pêcheries concernées», a plaidé M. Vidalies.

La Commission européenne a notamment proposé d'importantes baisses de quotas pour la sole (-37% pour le golfe de Gascogne, -32% pour la Manche orientale). Or la sole représente la quasi-totalité de l'activité de certains pêcheurs français, notamment à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

Pour les stocks pour lesquels les données scientifiques sont «incomplètes», comme la langoustine, «la France s'opposera à des baisses de précaution de 20% prévues par la Commission alors que l'analyse des tendances scientifiques montre que la situation est stabilisée», a expliqué le secrétaire d'Etat.

La négociation annuelle des quotas alloués aux pêcheurs européens pour 2016 aura lieu les 14 et 15 décembre lors du conseil des ministres de la pêche à Bruxelles.

La nouvelle Politique commune des pêches (PCP) impose à l'UE de fixer ses quotas en fonction des objectifs de rendement maximal durable (RMD) pour garantir la reconstitution des stocks à partir de 2015-2016, là où les avis scientifiques le permettent, et au plus tard en 2020.

Le rendement maximum durable correspond à la quantité optimale de poisson que l'on peut prélever sur un stock donné sans mettre en danger l'espèce.