Économie

Après la victoire de Suu Kyi en Birmanie, sanctions économiques américaines assouplies

Les Etats-Unis ont assoupli leur régime de sanctions économiques contre certains entreprises birmanes, une initiative saluée mardi dans le pays, un mois après la victoire historique du parti de l'opposante Aung San Suu Kyi.

Les Etats-Unis ont assoupli leur régime de sanctions économiques contre certains entreprises birmanes, une initiative saluée mardi dans le pays, un mois après la victoire historique du parti de l'opposante Aung San Suu Kyi.

Le Trésor américain a annoncé lundi que les transactions seraient désormais possibles avec des groupes restant sur la liste noire de Washington pour une durée test de six mois.

Les Etats-Unis veulent ainsi «ajuster l'impact des sanctions contre la Birmanie et soutenir le commerce» avec l'ex-Etat paria.

Washington n'en est pas encore à supprimer cette liste noire sur laquelle figurent des groupes bâtis dans des conditions troubles avant l'autodissolution de la junte en 2011, mais choisit adopter une ligne pragmatique face à des entreprises qui contrôlent aujourd'hui des secteurs clefs comme les ports, les aéroports ou la construction.

«C'est une opportunité pour le pays, car nous avons vécu dans un système clos pendant 50 ans, sans accès au commerce international», s'est félicitée Thet Thet Khine, représentante de la Fédération des Chambres de commerce et d'Industrie de Birmanie.

«Plus un pays s'ouvre au commerce avec l'étranger, plus il se développe», a plaidé celle qui est également une femme d'affaires de premier plan et une importante députée de la Ligue nationale pour la démocratie d'Aung San Suu Kyi, qui a remporté une large majorité des sièges aux législatives du 8 novembre.

Entre autres entreprises controversées, toujours sur la liste noire, figure le groupe Asia World, créé par l'homme d'affaires Lo Hsing Han, trafiquant de drogue notoire, aujourd'hui dirigé par son fils, Steven Law.

Asia World est un partenaire incontournable en Birmanie, notamment grâce à son contrôle du port de Rangoun, la capitale économique birmane.

C'est en effet par Asia World Port Terminal (AWPT) que transite la moitié des marchandises importées en Birmanie, considérée par les investisseurs étrangers comme un des derniers eldorados d'Asie, après des décennies d'isolement.

En mai 2014, le président américain Barack Obama avait annoncé le renouvellement de certaines sanctions , estimant que la Birmanie représentait alors toujours «une menace extraordinaire», malgré les efforts depuis 2011 des ex-généraux convertis aux réformes.