Citroën renoue avec la Méhari des années 70, déclinée en version électrique

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La Méhari des années 70 (d) et sa version électrique (g), le 7 décembre 2015 à Vélizy-Villacoublay
La Méhari des années 70 (d) et sa version électrique (g), le 7 décembre 2015 à Vélizy-Villacoublay — ERIC PIERMONT AFP

Citroën (groupe PSA Peugeot Citroën) a remis au goût du jour une de ses voitures emblématiques des années 70 et des bords de mer, en présentant lundi un modèle de Méhari électrique, lancé davantage pour des raisons d'image que d'ambitions commerciales.

Fruit d'un partenariat avec le groupe Bolloré, le cabriolet 100% électrique «E-MEHARI» sera commercialisé au printemps 2016 et fabriqué dans l'usine de PSA à Rennes-La Janais (Ille-et-Vilaine).

L'objectif affiché par le constructeur n'est pas de gros volumes de ventes, mais d'en faire un élément de son image de marque en «réinventant une voiture iconique de l'histoire de Citroën», synonyme de plaisir, admet Xavier Peugeot, responsable produit chez Citroën.

Lancée en 1968 à Deauville, la Méhari historique, avec ses couleurs vives et sa carrosserie en plastique ABS (Acrilonitrile Butadiène Styrène) ondulé, était rapidement entrée dans les imaginaires.

«C'est une voiture dont le nom est mythique. Elle symbolisait la liberté, l'air de 1968 qui était +vivons libres et sans contraintes+», se souvient Patrice Vergès, historien de l'automobile, interrogé par l'AFP.

Montée sur un châssis de Dyane avec un moteur bicylindre 602 cm3, la Méhari est aussi immortalisée par le cinéma, apparaissant notamment dans les derniers films de la série les Gendarmes à Saint-Tropez, incarnée par Louis de Funès.

Malgré sa notoriété, cette voiture de vacances, dont la production s'arrête en 1987, ne se vend qu'à 145.000 exemplaires, bien loin des modèles plébiscités à l'époque comme la 2CV et ses cinq millions d'unités.

Pour son nouveau modèle électrique, encore en pré-série, Citroën n'a pas souhaité se fixer d'objectifs commerciaux, ni annoncer le prix du véhicule, qui sera «dans la moyenne» du marché de l'électrique.

Le cabriolet électrique quatre places d'une autonomie de 200 km en cycle urbain est le fruit d'un accord industriel et commercial signé en juin entre PSA et Bolloré.

Deux modèles quasiment identiques vont être fabriqués à Rennes, la E-MEHARI, sous la bannière Citroën et la «Bluesummer», que Bolloré pourra commercialiser de son côté.

- «Un non-événement» -

Dans les deux cas, le véhicule pourra atteindre une vitesse maximale de 110 km/h et la batterie fournie par Bolloré aura besoin de 8 à 13 heures de recharge une fois à plat.

Pour M. Vergès, la sortie de la E-MEHARI est un «non-événement», tant la nouvelle Citroën ressemble à la Bluesummer.

Il y voit un coup marketing pour surfer sur la «très belle image» de la Méhari, une voiture «encore tendance» qui se vend aujourd'hui autour de 10.000 euros et qu'il n'est pas rare de croiser encore sur les côtes françaises.

Bleu, orange, jaune ou beige... le nouveau modèle électrique reprend volontiers les couleurs chatoyantes et la capote amovible de la Méhari de l'époque.

Comme elle, il visera une utilisation loisirs, que ce soit en ville ou à la plage avec la volonté de Citroën d'en faire la deuxième ou la troisième voiture de ses clients et de nouer des partenariats avec des hôtels pour d'éventuelles locations.

Par ailleurs, la directrice générale de Citroën, Linda Jackson, a relevé que le lancement de la E-MEHARI était un signal «plutôt favorable» pour l'emploi sur le site de Rennes où elle sera fabriquée, même si la production restera modeste.

«Ce n'est pas ça qui va remplir notre usine», mais «on est preneurs», lui a répondu Laurent Valy, secrétaire de la section CFDT-Rennes, qui espère que le site breton va devenir une référence en matière de voiture électrique.

«Malgré les très faibles volumes que cela représente, c'est quand même un signe rassurant envoyé aux salariés de Rennes», abonde Franck Don, délégué central CFTC, alors que Rennes-La Janais a perdu plus de 2.000 salariés depuis 2013, selon les syndicats.

Malgré l'attention politique et médiatique qu'elles reçoivent, les voitures électriques n'ont encore qu'une place modeste sur le marché des voitures particulières neuves: 0,59% du total en 2014. Leurs défenseurs envisagent toutefois une année 2015 autour de 1%, grâce aux récentes incitations à l'achat mises en place par l'Etat.