Wall Street clôt en baisse plombée par le pétrole

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Wall Street, le 10 février 2009
Wall Street, le 10 février 2009 — STAN HONDA AFP

Wall Street a fini en baisse lundi, entraînée par le marché du pétrole qui s'est retrouvé au plus bas depuis près de sept ans: le Dow Jones a perdu 0,66% et le Nasdaq 0,79%.

Selon des résultats définitifs, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a lâché 117,12 points à 17.730,51 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 40,46 points à 5.101,81 points.

Jugé le plus représentatif par de nombreux investisseurs, l'indice élargi S&P 500 a perdu 14,62 points, soit 0,70%, à 2.077,07 points.

Les cours du pétrole brut WTI coté à New York et ceux du Brent coté à Londres avaient un peu plus tôt terminé la séance lundi au plus bas depuis février 2009, les investisseurs ne voyant pas d'issue à la crise actuelle de surproduction vu que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole a renoncé vendredi à abaisser ses objectifs de production.

Logiquement, le secteur des valeurs liées à l'énergie a subi le plus fort recul lundi, perdant au total 3,67%.

«C'est énorme», a souligné Charlie Bilello, chez Pension Partners, voyant dans la baisse des prix du pétrole «des pressions déflationnistes qui pèsent sur le marché».

De son côté, Jack Ablin, chez BMO Private Bank, a exprimé la crainte que la mauvaise passe des valeurs de l'énergie puisse gagner le secteur financier - qui a accusé une baisse globale de 0,89% à la Bourse lundi.

«Si le marché du pétrole ne représentait qu'un risque économique, je crois que les investisseurs en actions pourraient ne pas y prêter beaucoup d'attention, mais il y a le sentiment que des prix du pétrole durablement bas puissent finir par peser sur le crédit et sourdre dans le système financier et bancaire» a-t-il dit.

«Si les problèmes (du secteur énergétique) commencent à migrer dans le système financier par le biais de défauts de paiement ou de difficultés avec la qualité des crédits et tout ce qui s'ensuit, alors cela pourrait être comme la crise du logement», qui a débouché sur une crise majeure du système financier en 2008, a précisé M. Ablin.

«En plus, le marché reste aux prises avec des politiques monétaires divergentes», ont noté les analystes de Charles Schwab.

Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a promis vendredi une action «sans limite» pour soutenir la reprise en zone euro. La Réserve fédérale américain, elle, se prépare selon la plupart des économistes à redresser les taux d'intérêt aux Etats-Unis la semaine prochaine, ce qui aurait pour conséquence mécanique de restreindre encore une inflation déjà anémique, de renchérir les investissements et de revaloriser le dollar au risque de freiner les exportations.

Le marché obligataire était en petite hausse. Le rendement des bons du Trésor à dix ans s'affichait à 2,236% contre 2,270% vendredi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,965% contre 3,012%.

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