GE renonce à vendre son électroménager au suédois Electrolux

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Le logo du groupe américain General Electric à Belfort, le 29 avril 2014
Le logo du groupe américain General Electric à Belfort, le 29 avril 2014 — Sebastien BOZON AFP

Le conglomérat américain General Electric (GE) a renoncé lundi à céder son électroménager à son concurrent suédois Electrolux, une transaction à laquelle s'opposaient les autorités américaines de la concurrence.

Cette acquisition pour 3,3 milliards de dollars, annoncée en septembre 2014, semblait mal partie depuis qu'en juillet le département de la Justice avait annoncé qu'il était défavorable.

Electrolux avait persisté, et dans un procès qui s'est ouvert début novembre à Washington, il comptait démontrer qu'elle ne nuirait pas à la concurrence. L'annonce de GE a donc pris de cours tous ceux qui attendaient un verdict prévu pour ce mois-ci ou le suivant.

L'action Electrolux chutait lourdement lundi à la Bourse de Stockholm, perdant quelque 12% vers 10H45 GMT.

Dans son communiqué, très bref, GE n'a pas expliqué pourquoi il jetait l'éponge avant même une décision du tribunal.

Le groupe «a dénoncé son accord pour vendre l'activité électroménager à Electrolux et va maintenant explorer d'autres voies pour la céder. GE a droit à une indemnité de rupture de 175 millions de dollars de la part d'Electrolux. L'activité électroménager se porte bien et GE va continuer à exploiter cette activité tout en recherchant à la vendre».

Le département de la Justice s'est félicité de cette issue, soulignant qu'il avait tous les chances de l'emporter. «Cette transaction était mauvaise pour les millions de consommateurs qui achètent des appareils de cuisine chaque année. Electrolux et General Electric ne pouvaient pas l'emporter sur cette réalité», a commenté dans un communiqué le magistrat chargé de défendre son point de vue, David Gelfand.

Electrolux est donc perdant sur tous les tableaux, puisqu'en plus de ne pas réaliser son ambition de contrôler 40% du marché américain des «produits blancs», c'est lui qui va devoir payer l'autre partie.

- Casse-tête pour GE -

«C'est retour à la case départ pour Electrolux en Amérique du Nord. C'est une transaction qui les aurait beaucoup renforcés aux États-Unis, en particulier contre Samsung et LG», deux concurrents sud-coréens, a affirmé Karri Rinta, analyste de Handelsbanken Capital Markets.

Cependant, depuis que Washington avait fait part de son hostilité, les chances de voir l'affaire aboutir paraissaient minces.

«J'ai été surpris que cette transaction soit contestée par le département de la Justice, mais quand on a vu ce qui les inquiétait, à savoir la création d'un duopole sur une partie du marché de l'électroménager, ça a commencé à ne pas sentir bon», selon M. Rinta.

Le groupe suédois a fait part de sa déception. «Electrolux a fait des efforts considérables pour obtenir les approbations réglementaires, et regrette que GE ait résilié le contrat alors que la procédure judiciaire est toujours en suspens», a-t-il écrit dans un communiqué.

La position de son directeur général Keith McLoughlin paraît précaire après ce revers. La presse suédoise disait déjà en juin que cet Américain était las de ne pas vivre avec sa famille, qui ne s'est pas acclimatée en Suède.

La transaction devait permettre à Electrolux de passer d'un chiffre d'affaires annuel de 17 milliards de dollars à 22,5 milliards de dollars. Au lieu de cela, le groupe aura dépensé en vain quelque 800 millions de couronnes (86 millions d'euros) cette année pour la préparer, sans compter l'énergie investie.

D'un point de vue financier, «ça ne va pas avoir beaucoup d'effet sur une entreprise de cette taille. Mais c'est gênant et cela souligne le prix élevé à payer malheureusement pour une transaction avortée», d'après M. Rinta.

Le casse-tête revient maintenant à General Electric, qui n'a que peu de candidats potentiels à sonder pour une branche de cette taille, alors que le coeur de sa stratégie est de se recentrer sur ses activités industrielles à fort potentiel.