Les bourses européennes encaissent, l’incertitude demeure

G. G.

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La Bourse de Paris montait jeudi à la mi-séance, le CAC 40 prenant 0,81%, profitant de la hausse de Total et des valeurs financières, malgré des déceptions sur les résultats de Renault et les perspectives de Pernod Ricard.
La Bourse de Paris montait jeudi à la mi-séance, le CAC 40 prenant 0,81%, profitant de la hausse de Total et des valeurs financières, malgré des déceptions sur les résultats de Renault et les perspectives de Pernod Ricard. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Les bourses européennes encaissent mal la propagation de la crise du crédit. Paris a perdu vendredi plus de 3% à la clôture, Londres 3,71% et Francfort 1,48%. Jeudi, les indices boursiers avaient déjà enregistré des baisses de plus de 2%. Mais cela aurait pu être pire sans l’intervention de la banque centrale européenne. La BCE a injecté à nouveau massivement vendredi après-midi pour financer à court terme les échanges entre les banques, proches de la crise faute de liquidités pour rembourser leurs engagements.

Mais ces injections ne sont pas gratuites. La BCE ne «donne» pas purement et simplement du cash aux institutions financières. Elle leur prête. Ainsi, l’intervention de jeudi de la BCE a représenté une ponction nette de plus de 33 milliards d’euros sur le marché, puisque l’injection de jeudi a été remboursée vendredi au taux de 4%.

Action combinée des banques centrales

Par ailleurs, la Banque centrale américaine, la Fed, a injecté 25 milliards de dollars dans la journée de vendredi et a cherché à rassurer les investisseurs. Pour sa part, la Banque du Japon (BoJ) a injecté vendredi 1.000 milliards de yens (6,25 milliards d'euros) dans le circuit monétaire.

«L'action combinée des banques centrales a été interprétée par les courtiers comme une admission tacite que la crise actuelle du crédit est plus sévère qu'on ne le pensait précédemment, et qu'elle menace la croissance aux Etats-Unis et en Europe», a estimé un analyste. Les moyens mis en œuvre rappellent les lendemains du 11 septembre et l’éclatement de la bulle Internet. La Fed avait réagi de la même manière.

Des poissons morts

Si l’action des gardiennes du temple a été saluée, l’incertitude demeure sur les marchés. «Nous voyons des poissons morts flottant à la surface ici ou là, et ce de plus en plus souvent. Ce qui nous amène à nous demander: où sont les autres poissons morts? Personne ne le sait», raconte un analyste dans le «Los Angeles Times». Or, «s’il y a bien une chose que les marchés détestent, c’est l’incertitude», rappelle un autre spécialiste. Les investisseurs demandent donc aux banques de communiquer le plus largement possible à propos de leurs fonds concernés par la crise du crédit hypothécaire américain.