Inflation: Comment la BCE veut doper la zone euro

EUROPE La Banque centrale européenne a revu les prévisions de croissance à la hausse, mais reste préoccupée par les faibles taux d'inflation...

20 Minutes avec AFP

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Mario Draghi, président de la BCE, le 12 novembre 2015 à Bruxelles.
Mario Draghi, président de la BCE, le 12 novembre 2015 à Bruxelles. — Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Le diagnostic de la Banque centrale européenne (BCE) pour l’avenir de la zone euro est mitigé. Alors que l’économie européenne est dans une phase de reprise timide depuis des mois, la banque veut muscler son jeu pour relancer l'inflation, en abaissant encore ses taux et en prolongeant son programme de rachat de dette. 20 Minutes fait le point.

Un taux de dépôt abaissé de 0,1 point

La BCE a une nouvelle fois abaissé jeudi son taux de dépôt au jour le jour, a annoncé son président Mario Draghi lors d’une conférence de presse ce jeudi. Ce taux, qui s'applique aux banques stockant des liquidités en excès pour 24 heures auprès de la BCE, passe à -0,3% contre -0,2% auparavant. Ainsi, pour 100 euros déposés auprès de la BCE, une banque doit ainsi s'acquitter d'une «taxe» de 30 centimes.

L'idée est de rendre dissuassif ce stockage de liquidités, pour inciter les banques à faire circuler celles-ci dans le circuit économique, en prêtant davantage aux ménages et aux particuliers, pour dynamiser la consommation et l'investissement en Europe.

Le taux central, auquel les banques s'endettent auprès de la BCE pour une semaine dans leurs opérations régulières de refinancement, et le taux de prêt marginal, auquel elles peuvent emprunter auprès d'elle en cas de besoin urgent d'un jour à l'autre, restent tous deux inchangés à 0,05% et 0,30% respectivement.

1.500 milliards d’euros en rachat de dette d’ici 2017

L’institution monétaire a décidé d’étendre son programme de rachats de dette, lancé en mars 2015, grâce auquel elle achète chaque mois 60 milliards d’euros de dette publique et privée. Ce programme sera étendu jusqu’à fin mars 2017, au moins. D’ici là, la BCE aura ainsi injecté a minima 1.500 milliards d’euros dans l’économie européenne.

Pour être sûre de trouver des actifs à acheter sans pour autant assécher complètement le marché, la BCE a annoncé qu’elle étendait la palette des titres de dette qu’elle peut acheter.

« Nos décisions renforcent la dynamique de la reprise en zone euro et renforcent sa résilience contre les chocs économiques », s’est félicité Mario Draghi. « Nous en faisons plus parce que ça marche, pas parce que c’est un échec », a-t-il martelé.

Une croissance légèrement revue à la hausse

Commençons par la bonne nouvelle. La BCE a légèrement relevé ses prévisions de croissance de la zone euro pour 2015 et 2017. Les économistes misent sur une croissance du PIB de 1,5 % en 2015 et 1,9 % en 2017, contre 1,4 % et 1,8 % jusqu’à présent. Le pronostic de croissance 2016 reste inchangé à 1,7 %.

Inquiétudes quant à l’inflation

En revanche, la BCE a abaissé ses prévisions 2016 et 2017 pour l’inflation. Elle table désormais sur une inflation de 1 % pour 2016 et de 1,6 % pour 2017, contre 1,1 %, % et 1,7 % auparavant. Le pronostic d’inflation 2015 reste inchangé à 0,1 %.

Une mauvaise nouvelle alors que l’inflation en zone euro végète au point mort depuis des mois, plombée par la chute des prix du pétrole. Elle a une nouvelle fois affiché une progression de 0,1 % en novembre, très loin de l’objectif d’un peu moins de 2 % visé par la BCE.

Une reprise fragile

Le redémarrage de la zone euro reste très fragile. L’économie européenne a calé à plusieurs reprises, tantôt lestée par les tensions géopolitiques avec la Russie, tantôt par les résurgences de la crise grecque.