Nette baisse de Wall Street, gagnée par le pessimisme après la BCE

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L'entrée de la bourse de New York, le 14 octobre 2014
L'entrée de la bourse de New York, le 14 octobre 2014 — Spencer Platt Getty

Wall Street a nettement baissé jeudi, gagnée par la déception des marchés européens après l'annonce de mesures de soutien moins importantes que prévu par la Banque centrale européenne (BCE): le Dow Jones a perdu 1,42% et le Nasdaq 1,67%.

Selon des résultats définitifs, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a cédé 252,01 points à 17.477,67 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 85,70 points à 5.037,53 points.

Le S&P 500, un indice élargi particulièrement surveillé par les investisseurs, a reculé de 29,89 points, soit 1,44%, à 2.049,62 points.

Après avoir hésité pendant la première moitié de la séance, les indices se sont résolument orientés dans le rouge, puis ont régulièrement accéléré leur déclin.

«Ce qui se passe, c'est manifestement que la BCE et (Mario) Draghi», son président, «ont déçu les marchés», a mis en avant Peter Cardillo, économiste en chef chez First Standard Financial.

La BCE a pourtant accru ses mesures de soutien à l'économie, ce qui constitue a priori une bonne nouvelle, mais les attentes des analystes étaient telles que ces annonces sont tombées à plat.

Les responsables de l'institution de Francfort ont certes prolongé de six mois leur programme de rachats de dette, «mais ils n'ont pas changé (le) montant mensuel, toujours à 60 milliards d'euros, donc cela a provoqué cette déception», a expliqué Bill Lynch, de Hinsdale Associates.

De plus, du côté américain, la présidente de la Réserve fédérale, Janet Yellen, entendue par le Congrès, «a continué à ouvrir la voie à une hausse des taux» en décembre, a rapporté M. Cardillo.

Les investisseurs n'ont guère plus de doutes que la Fed va commencer dès sa réunion de la mi-décembre à relever ses taux, presque nuls depuis 2008, et limiter ainsi son soutien à l'économie.

«Avec la Fed qui s'apprête à durcir sa politique, certains investisseurs s'étaient consolés dans l'idée que la BCE serait le nouveau grand fournisseur de liquidités» et ont donc été déçus jeudi, a renchéri Jack Ablin de BMO Private Bank.

Dans ce contexte «dominé par les banques centrales», selon les termes de M. Cardillo, Wall Street n'a guère semblé réagir aux indicateurs américains du jour, pourtant nombreux, dont un redressement des commandes industrielles en octobre, mais aussi un fort ralentissement de l'activité des services en novembre.

«Et demain, il y a bien sûr les chiffres officiels sur l'emploi américain» pour novembre, «donc les investisseurs sont peut-être un peu nerveux», a conclu M. Lynch.

Après avoir déjà pris connaissance d'estimations favorables sur le sujet du groupe ADP, les marchés attendent de bons chiffres du département du Travail, ce qui préciserait encore la perspective d'un début imminent de normalisation monétaire.

Le marché obligataire chutait. Vers 21H20 GMT, le rendement des bons du Trésor à dix ans bondissait à 2,320% contre 2,177% mercredi soir, et celui des bons à 30 ans à 3,059% contre 2,907%.

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