Etats-Unis: vers des ventes auto record malgré le plongeon de Volkswagen

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Le marché automobile américain ne semble pas s'essouffler malgré le scandale des émissions des moteurs diesel de Volkswagen
Le marché automobile américain ne semble pas s'essouffler malgré le scandale des émissions des moteurs diesel de Volkswagen — SCOTT OLSON GETTY

Le marché automobile américain ne semble pas s'essouffler malgré le scandale des émissions des moteurs diesel de Volkswagen qui a fait plonger de 24,7% les ventes du groupe allemand en novembre aux Etats-Unis.

Environ 1,32 million de nouveaux véhicules ont été vendus le mois dernier, un niveau plus vu depuis 2001, selon les données compilées et annoncées mardi par le cabinet spécialisé Autodata. Cela représente une hausse de 1,4% sur un an sur un an mais le mois de novembre 2015 disposait de moins de jours et de week-ends de ventes.

En rythme annualisé et données corrigées des variations saisonnières, les ventes de voitures s'établissent à 18,2 millions d'unités écoulées.

General Motors, premier constructeur américain, a écoulé 229.296 nouveaux véhicules le mois dernier, en hausse de 2%. La hausse est de 3% chez FCA US (ex-Chrysler) à 175.974 véhicules et de 0,4% chez Ford à 187.794, les deux autres membres du «Big Three».

Chez les constructeurs étrangers, Toyota a vendu 189.517 véhicules (+3,4%) et Nissan 107.083 (+3,8%).

- «Chance évaporée» -

Volkswagen commence lui à sentir les effets de l'affaire des logiciels truqueurs destinés à fausser les tests anti-pollution, notamment pour les émissions d'oxyde d'azote (NOx).

Le géant allemand a annoncé avoir écoulé 23.882 nouveaux véhicules le mois dernier, contre 31.725 à la même période un an plus tôt, en baisse de 24,7%.

Ce décrochage est dû au gel des ventes de modèles équipés de moteurs diesel de 2 litres et de 3 litres épinglés par les autorités américaines.

«Volkswagen a eu beaucoup de chance de préserver ses parts de marché dans les mois qui ont suivi immédiatement la révélation des problèmes des émissions mais cette chance semble s'être évaporée dans les ventes de novembre», a commenté Michelle Krebs, analyste chez Autotrader.

Pour remonter la pente, le groupe allemand doit, selon Mme Krebs, remettre aux normes les véhicules au coeur du scandale et ce n'est pas gagné. L'agence de notation Standard & Poor's a d'ailleurs abaissé mardi la note de solidité financière du groupe à «BBB+» contre «A-» auparavant.

«Volkswagen ne ménage pas ses efforts pour mettre sur pied une solution», a réaffirmé mardi Mark McNabb, numéro 2 du groupe en Amérique du Nord.

Si le groupe allemand n'a qu'une part de marché d'un peu plus de 3% aux Etats-Unis, la zone nord-américaine était présentée en début d'année comme une priorité pour ravir le titre de premier constructeur mondial au japonais Toyota.

Audi, une de ses marques haut de gamme dont des modèles sont également équipés de dispositifs incriminés, fait du sur-place (+0,4%), alors que Porsche, affecté aussi, enregistre un recul de 5,3% des ventes.

Pour le reste de l'industrie, «le contexte favorable de taux d'intérêt et de prix de pétrole bas et le recul du chômage (...) continuent à être des moteurs déterminants pour les ventes», assure Reid Bigland, le responsable des ventes chez FCA US.

L'appétit pour les grosses voitures - SUV, pickups et crossover - alimente ainsi la frénésie.

GM se repose sur les deux camionnettes à plateau (pick-up) phares de sa marque Chevrolet, la Silverado et la Colorado.

La marque Jeep (+20%) et son SUV Grand Cherokee continuent eux d'être le fer de lance de FCA US. Outre le traditionnel F-150, Ford profite des ventes du SUV Edge (+6%) et Toyota de son SUV RAV4 (+30%).

L'analyste Jessica Caldwell attribue ce boom aux promotions offertes par les constructeurs lors du week-end de Thanksgiving, marquant le début des achats de fêtes de fin d'année.

«Lors du week-end de Thanksgiving, un groupe vend deux fois plus de véhicules que pendant n'importe quel autre week-end de novembre», souligne-t-elle.

«Les ventes automobiles aux Etats-Unis vont continuer de croître en 2016 au vu de la solidité de l'économie», renchérit Mustafa Mohatarem, chef économiste chez GM.

Dans le contexte actuel de l'essence à bas prix, les ventes de véhicules électriques souffrent à l'exception de Tesla (+82%) dont les modèles luxueux (Model S et Model X) restent très demandés.

Après un début d'année en fanfare, le luxe voit sa progression ralentir: les ventes de Ferrari ont diminué de 39,6% et celles de Mercedes-Benz de 10,2%. BMW progresse de 3,2%.