VIDEO. Gattaz tacle le FN, «tourné ni vers l’avenir, ni vers la compétitivité»

PATRONAT A quelques jours des régionales, le patron du Medef se montre dur, dans une interview donnée au «Parisien», sur le programme économique du FN...

N.Bg. avec AFP

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Pierre Gattaz à Paris le 17 novembre 2015.
Pierre Gattaz à Paris le 17 novembre 2015. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

« L’inverse de ce qu’il faut faire », tout simplement. Le président du Medef, Pierre Gattaz, n’y va pas de main morte pour critiquer le programme économique du Front national, à cinq jours du premier tour des élections régionales, dans un entretien au Parisien ce mardi.

« Je ne m’exprime pas sur la politique mais sur le programme économique du Front national », précise d’entrée le patron du Medef. « Et là, je dis attention, car il me rappelle étrangement le programme commun de la gauche de 1981 », poursuit-il.

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Et de détailler : « Retour de la retraite à 60 ans, augmentation de tous les salaires avec notamment une hausse du smic de 200 euros, retour au franc, augmentation des taxes d’importation… » avant de prévenir : « C’est exactement l’inverse de ce qu’il faut faire pour relancer la croissance économique du pays. L’économie a besoin de pragmatisme, de lucidité. »

« Ce n’est pas en nous recroquevillant sur nous-mêmes que nous allons y arriver »

« Ce n’est pas un programme économique responsable », poursuit le numéro un du Medef. « Il n’est tourné ni vers l’avenir, ni vers la compétitivité. » Pour lui, « on ne peut pas fermer les frontières. Le monde attend la France et ce n’est pas en nous recroquevillant sur nous-mêmes que nous allons y arriver. Il s’agit de ne pas confondre les problèmes sécuritaires avec les problèmes économiques. » Pour Pierre Gattaz, « extrême droite, extrême gauche, c’est la même chose : Mélenchon-Le Pen, même combat. En 1981, ça nous a mis dans le mur pendant deux ans. Ne recommençons pas. »

Le Front national est en mesure de remporter au moins deux régions lors du scrutin des élections régionales des 6 et 13 décembre selon une vague de sondages.

Concernant le niveau du chômage en France - qui a connu en octobre sa plus forte hausse depuis 2013, avec 42.000 demandeurs d’emploi supplémentaires sans aucune activité -, le patron du Medef lance : « Il faut une multimédication. » « Il faut arrêter de prendre de l’aspirine et passer aux antibiotiques et à la cortisone. Il existe des mesures simples à prendre tout de suite : plafonnement des indemnités prud’homales, CDI sécurisé, simplification du travail le dimanche et en soirée », assure Pierre Gattaz.