Train illimité: IDTGV Max, une bonne affaire?

TRANSPORTS Alors que débute une nouvelle campagne de préinscriptions, «20 Minutes» fait le bilan de l'offre «illimitée» sur le réseau IDTGV...

Nicolas Beunaiche

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Un IDTGV à la gare de Lyon, à Paris.
Un IDTGV à la gare de Lyon, à Paris. — CHAMUSSY/SIPA

Les cinq questions à se poser avant de s'abonner à IDTGV Max:

  • Vos trajets ont-ils Paris comme ville de départ ou d'arrivée?
  • Votre emploi du temps est-il flexible?
  • Etes-vous prêt à aller régulièrement sur le site d'IDTGV pour trouver la meilleure option?
  • Si vous voulez vous rendre dans une grande ville, pouvez-vous organiser votre voyage plus d'un mois à l'avance?
  • Pour être bien assis, êtes-vous prêt à arriver quelques minutes avant les autres voyageurs?

Qui va descendre et qui va monter du train en marche ? A deux mois du terme du contrat des 10.000 abonnés IDTGV Max, l’offre « illimitée » sur le réseau IDTGV lancée en janvier dernier, la filiale de la SNCF se pose déjà sérieusement la question.

Pour anticiper la non-prolongation d’une partie d’entre eux, elle a donc décidé de mettre en ligne, dès ce mardi, le site voyagezenidtgvmax.com. Objectif : enregistrer les préinscriptions des clients souhaitant remplacer les déçus du premier wagon de voyageurs.

>> Plus de détails sur les préinscriptions par ici

Quelques centaines, voire quelques milliers d’abonnements, pourraient ainsi changer de mains. Un défi largement à la portée d’IDTGV, qui ne se fait guère de souci sur sa capacité à attirer de nouveaux voyageurs. Mais ces derniers feront-ils une bonne affaire ? Voilà tout l’enjeu de la bataille de communication menée par l’entreprise.

Le coût, atout numéro un de l’offre

Pour appuyer son argumentaire, elle a notamment commandé une étude, réalisée auprès de 1.783 clients. Pour un résultat « très positif », selon Fabrice Toledano, le directeur marketing et communication d’IDTGV : 91 % des « maxtrotteurs » se disent satisfaits de la relation avec le personnel à bord, 95 % du site Internet dédié, 93 % de l’appli mobile, et 84 % du rapport qualité-prix de l’offre, son atout numéro un.

Avec un coût de 59,90 euros par mois, le contraire aurait été étonnant. Jean-Arnaud, qui habite à Paris depuis huit ans, confirme. « Ma famille est à Avignon et descendre la voir était devenu coûteux, explique-t-il. Même en m’y prenant à l’avance, j’en avais rapidement pour 100 euros aller-retour. Maintenant, je peux y aller une fois par mois pour 60 euros. »

Un réseau limité

Seulement, le prix ne suffit pas pour apprécier IDTGV Max à sa juste valeur, disent ses abonnés. Pour cela, il faut se plonger dans les détails de l’offre. Dès son lancement, IDTGV avait prévenu : l’abonnement « illimité » porte sur son réseau uniquement (qui ne comprend pas le Nord et l’Est par exemple), soit 50 destinations. Très clairement, il s’adresse donc essentiellement aux Parisiens et à ceux qui veulent se rendre à Paris.

Quant aux réservations, elles sont limitées au nombre de quatre simultanément. Pas illimitées, donc. Il ne faut pas non plus compter sur la richesse de l’offre de la SNCF : IDTGV, c’est 30 trains par jour. Si vous souhaitez faire un Paris-Marseille aller-retour un week-end de janvier, vous n’aurez ainsi le choix qu’entre deux et quatre trains par jour. Il faut donc réserver vite.

Une offre qui exige flexibilité et stratégie

Les abonnés l’ont vite compris. « Très satisfait » de l’offre, Aymerick, qui vit en région parisienne, assure malgré tout que « certains trains sont très souvent complets le week-end ». Selon IDTGV, pourtant, 87 % des espaces IDTGV Max partent avec au moins une place disponible, ce chiffre tombant à 80 % le week-end. Mais tout dépend évidemment de la destination et de l’horaire du train.

Taux de remplissage des IDTGV
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Jessica, qui habite Etrepagny, dans l’Eure, fait régulièrement des allers-retours entre Paris et Toulouse. « Les places étant rares, quand on est dans les derniers à s’installer dans le wagon, on se retrouve souvent sur des strapontins, explique-t-elle. Cinq heures trente comme ça, je peux vous dire que c’est insupportable. » Et c’est parfois pire, au retour… « Les trains proposés ne conviennent pas forcément à mes besoins, je suis alors obligée d’acheter un billet supplémentaire », regrette-t-elle. Pour elle, « cette carte peut être rentable pour des retraités, des étudiants… Bref, des gens qui ont du temps » et ont un planning flexible. Ce que confirme Jean-Arnaud, qui en a, lui, tiré parti : « Quand un train est plein le vendredi soir, il y a souvent des dispos sur les premiers trains du samedi matin, relativise-t-il. Pareil pour le lundi matin, si on peut poser un jour… »

Du côté d’IDTGV, on répond par un chiffre : 70 % des « maxtrotteurs » annulent leur réservation dans la dernière semaine. Autrement dit, les clients IDTGV Max font leurs réservations longtemps à l’avance, pour sécuriser leur voyage, quitte à en changer au dernier moment. « Ce qui donne l’impression que certains trains sont pleins », analyse Fabrice Toledano.

Un bon usage de l’abonnement requerrait donc un peu de stratégie pour en profiter au max. Les utilisateurs l’ont d’ailleurs également bien intégré, puisqu’ils sont 40 % à effectuer leur réservation la semaine précédant leur voyage.