Carburants: Finalement, le gouvernement ne réduira pas la taxation de l'essence

AUTOMOBILE Le litre de gazole sera taxé 3,5 centimes de plus, celui de SP95 deux centimes de plus...

N.Beu.

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Illustration pompe à essence.
Illustration pompe à essence. — Sébastien Salom-Gomis/Sipa

LE MOT DE NICOLAS HULOT

Sans doute un rêve, mais pourrions-nous imaginer un jour en Europe une TVA incitative ou dissuasive pour structurer les modes de production et de consommation à l'aune des critères sociaux et environnementaux. 

Le gouvernement fait marche arrière. Contrairement à ce que Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie, avait annoncé en octobre, la taxation pesant sur l’essence ne sera pas allégée pour se rapprocher du niveau auquel est soumis le diesel. En réalité, le litre de gazole sera taxé 3,5 centimes de plus, et celui de sans-plomb 95 (SP95) deux centimes de plus, annonce Le Parisien ce jeudi. Le prix du SP-E10, réputé moins polluant, n’évoluera pas.

En plein scandale Volkswagen, rappelle le journal, la ministre avait pourtant promis un « rapprochement » entre les fiscalités de l’essence et du diesel grâce à « une baisse des taxes sur l’essence et une augmentation sur le diesel ». But de l’opération : réduire à néant l’avantage fiscal dont bénéficiait ce dernier, après la découverte de la triche organisée par le constructeur allemand pour contourner les contrôles antipollution. Le diesel étant « reconnu comme une substance cancérigène, au minimum, pour protéger les consommateurs, il faut que la fiscalité soit neutre », avait-elle alors expliqué. Matignon avait chiffré, quelques jours plus tard, à un centime la baisse de la taxation de l’essence, et à un centime aussi l’augmentation de celle sur le gazole.

Ce revirement s’explique par l’alourdissement des taxes voté fin 2014 et applicable au 1er janvier prochain, selon Le Parisien. Autrement dit, la contribution climat énergie CCE), dont le but est de réduire la part d’énergies les plus polluantes dans la consommation des Français. Les 2,35 milliards récupérés serviront à financer une baisse d’impôt, en 2016, en faveur des entreprises (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, CICE), ainsi que des allégements de fiscalité locale pour les personnes âgées modestes, poursuit Le Parisien.