Fram cédé à LBO France (Karavel), soulagement prudent des syndicats

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L'enseigne d'une boutique du voyagiste Fram à Toulouse le 29 octobre 2015
L'enseigne d'une boutique du voyagiste Fram à Toulouse le 29 octobre 2015 — ERIC CABANIS AFP

Le voyagiste Fram a été cédé mercredi pour 10 millions d'euros au fonds LBO France, qui détient déjà Karavel Promovacances, au soulagement des syndicats du personnel qui restent cependant prudents.

Comme il l'avait promis dans son offre, LBO France reprend 85% des salariés en contrat à durée indéterminée, soit 430 sur un total de 500, a précisé dans un entretien à France Info le patron de Karavel, Alain de Mendonça.

Le repreneur gardera de plus «l'ensemble» des contrats à durée déterminée, selon le délibéré du tribunal de commerce de Toulouse, qui n'évoque pas en revanche le sort des quelque 700 autres employés à l'étranger du groupe Fram.

«C'est le gros couac», a regretté Laye Simakha, responsable syndical CGT (majoritaire). «Les collègues à l'étranger sont sacrifiés. Mais nous n'arrêtons pas le combat. Nous pèserons de tout notre poids à ce sujet», a ajouté le membre du comité d'entreprise qui évalue «entre 700 et 750» le nombre des salariés de Fram ou liés à Fram à l'étranger.

M. Simakha a cependant estimé que la cession à LBO France était «le moindre mal» dans le sens où le fonds a présenté le plan de reprise «le mieux disant» sur les plans financier, social et stratégique.

La déléguée syndicale FO de Fram Agences, Corinne Monfort, a quant à elle évoqué «le meilleur choix possible pour notre pérennité».

De son côté, le directeur financier du groupe Fram, Michel Cabrol, a qualifié de «choix de raison» la décision du tribunal de commerce. «L'avenir est devant eux pour les salariés de Fram», a-t-il déclaré à la presse, appelant les employés à «construire l'offre d'été» du voyagiste dès maintenant.

«LBO France a démontré son savoir-faire et ce qu'il était capable de faire avec Karavel Promovacances. LBO France est un actionnaire responsable», a-t-il jugé.

- Le fin d'un épuisant suspense -

Fram avait été placé en redressement judiciaire le 30 octobre avec ses quatre filiales: Voyage Fram, Fram Agences, Plein Vent Voyages et Fram Nature. Le voyagiste était depuis plusieurs années en grande difficulté en raison d'un positionnement trop centré sur l'Afrique du Nord, se retrouvant ainsi victime des soubresauts de cette région.

La cession à LBO France du voyagiste toulousain en difficulté, né en 1949, était largement attendue face aux deux autres offres de reprises: DocteGestio et le groupe NG Travel.

LBO avait en particulier réussi à arracher le soutien de Marie-Christine Chaubet, pièce maîtresse puisqu'elle détient 40% du capital de Fram. D'autres actionnaires, et nombre de salariés, avaient également favorisé LBO.

L'offre de DocteGestio, qui plus est candidat de dernière minute, avait par ailleurs suscité les critiques des représentants du personnel de Plein Vent. Dans un communiqué, ils avaient évoqué des «promesses mensongères» de LBO quand il assurait vouloir reprendre l'ensemble du personnel.

Troisième candidat, NG Travel (NGT) avait quant à lui avoué avoir perdu la bataille, dès avant la décision du tribunal. Le tour-operator avait proposé de reprendre 360 CDI et l'ensemble des contrats temporaires, et accepté de payer 2 millions d'euros pour Fram, contre dix offert par LBO.

Le jugement du tribunal marque la fin d'un épuisant suspense pour les salariés et le sauvetage d'une entreprise familiale emblématique qui a participé à la démocratisation des vacances au soleil.

Fram, acronyme de Fer Route Air Mer, était au fil des ans devenu un poids lourd du tourisme avec à son zénith jusqu'à 600.000 clients en 1999-2000.

Mais le groupe a subi de plein fouet le printemps arabe et la crise économique. Criblé de dettes, le voyagiste a été aussi fragilisé par l'essor des vols low-cost, la montée en puissance d'internet, le combat fratricide des deux actionnaires majoritaires ainsi qu'une valse des dirigeants.