Pharmacie: Les laboratoires Pfizer et Allergan officialisent leur projet de mega-fusion

ECONOMIE Les deux groupes pharmaceutiques ont annoncé ce lundi une un rapprochement estimé à 160 milliards de dollars…

C.P. avec AFP

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Le logo du laboratoire pharmaceutique américain Pfizer à la bourse de New-York le 23 novembre2015.
Le logo du laboratoire pharmaceutique américain Pfizer à la bourse de New-York le 23 novembre2015. — Richard Drew/AP/SIPA

Une opération record pour deux géants pharmaceutiques. L’américain Pfizer, qui commercialise notamment le Viagra, et le fabricant du traitement anti-rides Botox, basé en Irlande, ont officialisé ce lundi un projet de fusion qui devrait être finalisée au deuxième semestre 2016.

Allergan va permettre à Pfizer de reprendre le titre de premier groupe pharmaceutique mondial avec un chiffre d’affaires combiné de 61,5 milliards de dollars contre 58 milliards pour le suisse Novartis. Le portefeuille de la nouvelle entité comprendra le traitement contre les troubles de l’érection Viagra ou encore l’anti-inflammatoire Celebrex et l’anti-cholestérol Lipitor.

Optimisation fiscale

L’opération, approuvée par les conseils d’administration des deux groupes, prévoit que les deux entreprises soient regroupées sous l’entité juridique d’Allergan, qui deviendra la maison-mère, puis renommée Pfizer.

Le siège opérationnel de la nouvelle société sera basé à New York mais son siège administratif restera bien en Irlande. La société sera elle cotée à Wall Street sous le symbole de Pfizer (PFE).

Selon des sources proches du dossier, Pfizer souhaitait pouvoir échapper aux nouvelles mesures du Trésor visant à rendre difficile l’évitement fiscal des entreprises américaines qui veulent se domicilier à l’étranger par le biais d’acquisitions ou « Tax Inversion ».

Le laboratoire américain dispose d’un gros trésor de guerre logé à l’étranger et il ne souhaite pas le rapatrier aux Etats-Unis par peur de payer trop d’impôts.

Le plus gros projet de fusion annoncé en 2015

Selon un communiqué commun de deux entreprises, l’opération représente une prime de 30 % sur le cours de clôture de leur action respective du 28 octobre, quand ils avaient confirmé l’existence de discussions sur leur rapprochement.

Les actionnaires actuels de Pfizer détiendront 56 % de la nouvelle entreprise, et ceux d’Allergan 44 %. Les actionnaires d’Allergan se verront proposés 363,63 dollars par titre, et ceux de Pfizer 32,18 dollars.

Pfizer prendra aussi le dessus au conseil d’administration de cette future entreprise, avec 11 membres issus de ses rangs, contre seulement 4 pour Allergan.

Pfizer prévoit que l’opération lui sera financièrement favorable à partir de 2018.

C’est le plus gros projet de fusion annoncé cette année, devant celui des brasseurs SabMiller et AB Inbev (112 milliards d’euros).

Feu vert incertain des régulateurs américains

La fusion Pfizer-Allergan doit toutefois encore recevoir le feu vert des autorités de la concurrence et notamment des régulateurs américains. Ce n’est pas gagné.

« La réponse des régulateurs américains reste une inconnue et pourrait être négative au vu de la taille de l’opération en termes d’évitement fiscal », résume Maxim Jacobs chez Edison.

En un an, le gouvernement américain a vu les « Tax Inversion » se multiplier. Medtronic, le fabricant américain d’appareils médicaux orthopédiques et cardiovasculaires, est installé en Irlande depuis sa fusion avec son rival Covidien. La chaîne de fast-food Burger King s’est domiciliée au Canada après avoir mis la main sur Tim Hortons.

Contacté par l’AFP, le Trésor n’a pas souhaité commenter.