Une nouvelle grève de ses hôtesses et stewards menace Lufthansa

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Un panneau interdisant l'accès aux guichets de la compagnie allemande Lufthansa à l'aéroport de Munich le 12 novembre 2015 à l'occasion d'une grève des personnels de cabine
Un panneau interdisant l'accès aux guichets de la compagnie allemande Lufthansa à l'aéroport de Munich le 12 novembre 2015 à l'occasion d'une grève des personnels de cabine — MATTHIAS BALK DPA

Dix jours après la fin de la plus longue grève de l'histoire de Lufthansa, le syndicat UFO du personnel de cabine de la compagnie aérienne allemande a annoncé lundi de nouveaux débrayages jeudi et vendredi, voire lundi prochain.

«Nous allons (...) prochainement appeler à cesser le travail jeudi 26 novembre et vendredi 27 novembre», a indiqué lundi le président d'UFO, Nicoley Baublies, cité dans un communiqué du syndicat, qui précise que d'autres débrayages sont prévus le lundi 30 novembre «si Lufthansa ne réagit pas de façon appropriée».

Le transporteur n'a pas encore annoncé de mesures concrètes pour faire face à une nouvelle grève en fin de semaine. «Il s'agit d'un préavis de grève, et le syndicat UFO n'a pas donné de précisions, donc il est trop tôt pour informer nos passagers sur le maintien ou non de leurs vols», a indiqué à l'AFP une porte-parole du groupe.

Le préavis de grève intervient après que le transporteur aérien allemand, en délicatesse avec les trois principaux syndicats du personnel, a convié jeudi les représentants des pilotes, du personnel de cabine et du personnel au sol, à un «sommet de l'emploi» devant se tenir le 2 décembre.

Par ce sommet, où il serait question de «structures compétitives et d'avenir pour les trois catégories de salariés» (pilotes, personnel de cabine et personnel au sol), Lufthansa marquait ainsi sa volonté de renouer le dialogue, au point mort moins de deux semaines après la fin de la précédente grève, qui a duré sept jours, provoquant l'annulation de plus de 4.600 vols et laissant plus de 540.000 passagers sur le carreau.

Mais UFO a jugé «l'attitude de Lufthansa à propos de ce sommet de l'emploi inappropriée à tous les égards», se plaignant de n'avoir reçu «aucune réponse» aux propositions faites pour ce sommet.

- «consternation» -

«Nous sommes très déçus de voir que le syndicat n'est pas prêt à dialoguer, alors qu'il est clair que la négociation est la seule voie pour aboutir à une solution», a déploré lundi Bettina Volkens, la directrice des ressources humaines et membre du directoire du groupe, qui a dit avoir reçu le nouveau préavis de grève avec «consternation».

Au cours de la précédente grève, qui a duré du 6 au 13 novembre avec une journée d'interruption le dimanche, le transporteur et le syndicat UFO, qui représente 19.000 stewards et hôtesses de l'air chez Lufthansa, s'étaient accusés mutuellement de faire obstacle à une résolution du conflit, multipliant les déclarations contradictoires.

Le numéro un européen du transport aérien avait saisi la justice contre les grévistes, sans succès. Au dernier jour d'une grève qui s'était soldée sans que les parties n'aboutissent à un compromis, le syndicat UFO s'était alors déclaré prêt à appeler «à tout moment» à de nouveaux débrayages.

La grève n'avait affecté que la Lufthansa, principale compagnie aérienne du groupe du même nom, tandis que les autres compagnies du géant du transport aérien, notamment Swiss, Brussels Airlines, Austrian ou encore Germanwings/Eurowings, n'étaient pas concernées.

- Restructuration

Le groupe Lufthansa est engagé dans un effort de restructuration et de réduction des coûts pour faire face à la concurrence des compagnies à bas coûts comme EasyJet et Ryanair, ou aux transporteurs du Golfe comme Emirates ou Etihad.

Mais ces changements, qui impliquent notamment un transfert de la plupart des liaisons intérieures et européennes de Lufthansa sous la bannière de la filiale à bas coûts Eurowings, passent mal auprès des employés.

Alors que le personnel de cabine cessait le travail pour la première fois depuis 2012, les 5.400 pilotes de Lufthansa, représentés par le syndicat Cockpit, ont fait grève à 13 reprises entre avril 2014 et septembre 2015, provoquant l'annulation de 12.800 vols.