Turquie: Abandon d'un super contrat à trois milliards d'euros pour l'achat de missiles sol-air chinois

DEFENSE Attribué à la surprise générale à la Chine, ce contrat avait suscité la colère des alliés de l'Otan...

20 Minutes avec agences

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Face au risque de débordement du conflit, l'Otan a annoncé avoir reçu une demande formelle de la Turquie pour le déploiement de missiles de défense anti-aérienne Patriot.
Face au risque de débordement du conflit, l'Otan a annoncé avoir reçu une demande formelle de la Turquie pour le déploiement de missiles de défense anti-aérienne Patriot. — Bernd Wustneck afp.com

Le gouvernement turc a annulé un méga contrat d’un montant de 3 milliards d’euros pour équiper l’armée de missiles sol-air, a indiqué, ce dimanche, une source proche du gouvernement turc. Ce contrat avait été attribué en 2013, à la surprise générale, à la firme China Precision Machinery Export-Import Corporation (CPMIEC) et avait suscité l’ire des Etats-Unis.

Ankara contrainte par l’Otan de revoir à plusieurs reprises sa position

Les alliés de la Turquie au sein de l’Otan avaient notamment tous regretté l’absence de compatibilité du matériel chinois avec leurs propres systèmes et rappelé que CPMIEC faisait l’objet de sanctions de Washington pour avoir livré des armes à la Syrie et à l’Iran sous embargo.

Sous pression, Ankara a donc été contrainte de revoir à plusieurs reprises sa position en repêchant les deux autres candidats de l’appel d’offres (les américains Raytheon et Lockheed Martin, et le consortium franco-italien Eurosam), priés de reformuler leurs propositions.

Quand la Chine ne veut pas partager sa technologie

Ce week-end, la Turquie, située dans une position géostratégique particulièrement instable et dangereuse, a fini par mettre un coup d’arrêt à ce projet. Un projet plutôt à la traîne, notamment en raison de la réticence de la partie chinoise de partager une grande partie de sa technologie durant plusieurs mois de longues discussions, a rapporté la chaîne d’information CNN-Türk. Pour l’heure, « Ankara projette de produire ses propres missiles avec le soutien d’un système d’armement mondialement reconnu », a affirmé la chaîne.

Ankara, qui envisage à la fois de renforcer sa protection contre des attaques aériennes ou de missiles, de diversifier ses fournitures d’équipements et de trouver des partenaires en vue de la coproduction d’armements, ne devrait donc pas lancer un nouvel appel d’offres, un processus qui risquerait encore de prendre de longs mois.