La Bourse de Paris reste sous pression et termine en nette baisse

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Le Palais Brongniart, ancienne Bourse de Paris
Le Palais Brongniart, ancienne Bourse de Paris — Fred Dufour AFP

La Bourse de Paris a terminé en nette baisse vendredi (-1,00%), souffrant comme la veille de prises de bénéfices après sa récente progression, tout en étant pénalisée par des indicateurs économiques moroses.

L'indice CAC 40 a perdu 48,70 points à 4.807,95 points, dans un volume d'échanges modéré de 3,5 milliards d'euros. La veille, il avait déjà fortement reculé (-1,94%).

Parmi les autres marchés européens, Francfort a lâché 0,69% et Londres 0,98%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a perdu 0,80%.

Le marché a connu un début de séance poussif avant de creuser ses pertes au fil de la journée, affecté dans l'après-midi par la baisse de Wall Street.

«Le marché efface une partie de sa récente accélération, marquée par un sentiment un peu euphorique. Cette correction était attendue compte tenu des valorisations tendues et de la prochaine hausse des taux de la Fed», résume Frédéric Rozier, conseiller de gestion chez Meeschaert Gestion Privée.

Le CAC 40 a fortement rebondi le mois dernier, prolongeant son ascension début novembre avec une incursion au-dessus des 5.000 points, ce qui justifiait les prises de bénéfices des investisseurs cette semaine.

Pour les gérants chez Barclays Bourse, «à très court terme, les indices actions ont besoin de marquer une pause après le fort rebond du mois d’octobre».

En outre, selon eux, «une poursuite de la baisse des cours des matières premières pourrait continuer à maintenir une pression baissière sur les indices actions», alors que le pétrole tentait de rebondir après deux jours consécutifs de lourdes pertes.

Le marché a en outre accusé le coup après une série d'indicateurs économiques décevants.

Aux Etats-Unis, les ventes de détail d'octobre ont affiché une progression inférieure aux attentes et les prix à la production ont une nouvelle fois reculé, surprenant les analystes.

«Ces indicateurs peuvent peut-être nourrir l'incertitude», selon M. Rozier, au moment où une remontée des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) semblait se préciser sur les marchés lors de sa réunion de décembre.

Enfin, le marché recule «suite à la confirmation de nos craintes de milieu d'année», à savoir «un certain nivellement vers le bas de la croissance économique en zone euro», souligne John Plassard, chez Mirabaud Securities.

En zone euro, la croissance a légèrement ralenti au troisième trimestre à 0,3%, moins que prévu par les analystes (+0,4%).

La France a enregistré une hausse de 0,3% de son PIB au troisième trimestre par rapport au deuxième trimestre, après avoir connu une croissance nulle au deuxième trimestre. En revanche, en Allemagne, la croissance a enregistré une légère décélération (+0,3%).

Parmi les valeurs, Teleperformance a grimpé (+4,04% à 74,95 euros), à la faveur d'une activité une nouvelle fois meilleure que prévu au troisième trimestre.

Plusieurs poids lourds de la cote ont tiré le marché vers le bas, à l'image de Kering (-2,51% à 165,30 euros), LVMH (-2,73% à 162,40 euros), Carrefour (-2,88% à 28,81 euros) et Safran (-2,49% à 66,31 euros).

Bouygues a perdu 0,32% à 34,80 euros, après avoir gagné du terrain dans la matinée soutenu par l'annonce d'un bénéfice net de 334 millions d'euros sur neuf mois et la confirmation de ses perspectives pour l'année. La filiale télécoms du groupe a quant à elle réduit sa perte nette sur les neuf premiers mois de l'exercice, à 50 millions d'euros.

Eurofins Scientific a pâti (-4,35% à 314,60 euros) d'un abaissement de recommandation par HSBC, tout comme Hermès (-4,25% à 332,55 euros) par Natixis.

Deinove (+0,93% à 6,49 euros) a profité en revanche de l'obtention de 6 nouveaux brevets aux Etats-Unis qui devraient lui permettre d'accélérer son développement dans ce pays clé.

Akka Technologies a pris 5,32% à 27,10 euros, grâce à un chiffre d'affaires en forte hausse et meilleur que prévu au troisième trimestre.

MGI Coutier a gagné 7,14% à 17,25 euros, dopé par une nouvelle révision en hausse de ses objectifs annuels.

Derichebourg a chuté (-4,89% à 2,35 euros) après avoir terminé son exercice décalé 2014-2015 avec un chiffre d'affaires en recul de 6,4%.

Cac 40 (Euronext)