Emmanuel Macron présentera son projet de loi «Noé» en janvier en Conseil des ministres

ECONOMIE Le ministre de l'Economie a présenté ce lundi les grandes lignes de son nouveau projet...

20 Minutes avec AFP
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Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron à l'Elysée le 27 octobre 2015 à Paris
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron à l'Elysée le 27 octobre 2015 à Paris — ALAIN JOCARD AFP

Après la loi Macron, le ministre de l’Economie lance, dès cette fin d’année et ce jusqu’en 2016, son nouveau projet de loi : Noé, pour « nouvelles opportunités économiques ». Parmi les mesures qui se cachent derrière l’acronyme, la création de « fonds de pension à la française » pourrait canaliser l’épargne vers les secteurs concernés, a annoncé lundi le ministre de l’Economie Emmanuel Macron.

« Il y aura un projet de loi qui sera présenté en janvier sur la table du Conseil des ministres. (…) Je ferai une première série de propositions à la mi-décembre, puis un point début janvier et il y aura un texte de loi présenté en janvier », a-t-il précisé lors d’une rencontre avec des acteurs de l’économie numérique, à Bercy.

Faire émerger les nouvelles technologies

Il faut, selon le ministre, « faciliter l’émergence de ces nouveaux modes, de ces nouvelles technologies » qui sont en train de bouleverser l’économie, faute de quoi la France se contentera d’être un marché comme les autres pour les géants du numérique étrangers, notamment américains.

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« On n’a pas très bien réussi en France la bataille de la robotisation », a rappelé Emmanuel Macron. Il s’agit de ne pas rater celle de la révolution numérique qui présente « un potentiel immense pour la France en termes d’activité et d’emploi », a-t-il souligné.

« La clef, c’est qu’on arrive à gagner cette bataille en innovant plus vite, mieux, et en pensant tout de suite mondial », a-t-il relevé. Il s’agit tout d’abord, selon lui, d’une « bataille culturelle ». « Il faut en finir avec les corporatismes » et « aider les gens à réussir », a-t-il insisté.

« Moderniser les outils de régulation »

Pour favoriser la transformation et l’émergence des start-ups, Bercy se propose aussi d’adapter les structures de financement et de « moderniser les outils de régulation », « tout en préservant la plus grande sécurité juridique ».

M. Macron estime notamment que le financement bancaire traditionnel est peu adapté à l’économie numérique, qui est « une économie de fonds propres », et manque d’acteurs capables de mettre, par exemple, une centaine de millions d’euros dans un projet.

« Il faut ramener le capital qui est celui de nos épargnants vers le financement de l’économie réelle. (…) Il faut développer une forme de fonds de pension à la française, et adapter le cadre fiscal, et c’est cela aussi que je vais proposer dans les prochaines semaines », a déclaré le ministre de l’Economie, sans autre précision.

Et alors que la vague numérique devrait permettre la création de nombreux emplois peu qualifiés et non routiniers, surtout dans les services, les conseillers de M. Macron regrettent que « des dizaines, voire des centaines d’activités (soient) soumises à qualification obligatoire sans que l’on puisse comprendre pourquo i ».

« La France, qui se distingue par sa difficulté à créer des emplois peu qualifiés, peut profiter de cette dynamique en levant les barrières à l’accès à ces activités », indique le texte de Bercy. « On fera sans doute des erreurs, mais on essaiera de faire mieux », a conclu M. Macron