Restructuration d'Air France: «Les images du 5 octobre n'ont pas eu d'impact sur les réservations», assure le PDG

SOCIAL Frédéric Gagey, le PDG d'Air France, s'est expliqué ce mercredi devant les députés...

Céline Boff

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Le PDG du groupe (Air France, Hop!, Transavia France), Frédéric Gagey, lors d'une conférence de presse le 28 septembre 2014 à Paris
Le PDG du groupe (Air France, Hop!, Transavia France), Frédéric Gagey, lors d'une conférence de presse le 28 septembre 2014 à Paris — Dominique Faget AFP

Les images montrant deux cadres d’Air France, les chemises en lambeaux fuyant des salariés en colère, sont encore dans tous les esprits. A la suite de ces débordements dans le cadre du plan de restructuration de la compagnie, les députés ont décidé de se saisir du dossier. Ils recevaient ce mercredi Frédéric Gagey, le patron d'Air France, 20 Minutes y était et vous liste les sept principales affirmations du PDG.

« Air France se réforme et progresse »

Les efforts des salariés n’ont-ils servi à rien pour que la compagnie envisage de nouveaux départs massifs ? Frédéric Gagey a balayé cette idée : « Alors qu’Air France perdait 600 millions d’euros en 2011, elle engrangera quelques millions cette année. Nous avons mis six ans à sortir du rouge ».

« Nous avons fait une bonne moitié du chemin »

Pour autant, Air France n’est pas encore sortie d’affaire, assure le PDG : « Il nous faut un résultat de 740 millions d’euros pour nous développer sans recourir à l’endettement. Autrement dit, nous avons fait une bonne moitié du chemin. Ne rien faire aujourd’hui serait la pire des options. Dans un secteur qui croît de 4 à 5 % par an au niveau mondial, Air France a un rôle à jouer. »

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« Nous n’avons pas besoin d’un médiateur »

Le dialogue social n’est-il pas en panne ? Frédéric Gagey le réfute : « Nous négocions avec trois catégories de personnels – au sol, navigants et pilotes – qui fonctionnent avec des règles différentes. Cela rend le dialogue social plus compliqué, mais nous signons chaque année avec les partenaires sociaux une centaine d’accords. Nous avons renoué le dialogue avec les pilotes et l’intervention d’une personne extérieure ne nous aidera pas à résoudre nos problèmes ».

« Nous faisons tout pour maintenir la cohésion »

« N’avez-vous pas cherché à dresser certaines catégories de salariés contre d’autres ? » Plusieurs députés ont posé cette question au PDG. Qui a répondu par une anecdote : « Lors de la grève de septembre 2014, j’ai réuni l’ensemble du management et je leur ai dit : "quoi qu’il arrive, nous travaillerons demain avec nos collègues pilotes". » Interrogé sur l’action en justice menée contre les pilotes, Frédéric Gagey a affirmé : « Nous l’avons fait parce qu’ils n’avaient pas respecté leurs engagements, contrairement aux autres catégories de personnels. Notre ambition était justement de maintenir la cohésion de l’entreprise ».

« Le 5 octobre n’a pas eu d’impact sur les réservations »

Les députés sont revenus sur les images du 5 octobre. « Nous avons envoyé un mail à nos 14 millions de clients pour leur présenter nos excuses, pour leur expliquer que ces images ne reflètent pas le vrai visage d’Air France et pour leur détailler notre stratégie. Nous avons également envoyé à nos vendeurs hors de France des explications pour qu’ils puissent les relayer auprès de leurs clients. Et nous constatons que ces images n’ont pas eu d’impact sur les réservations », a indiqué le patron de la compagnie.

« Non, Air France ne joue pas petit »

En fait, la phrase exacte du PDG est : « Parler d’attrition pour Air France est complètement faux », mais l’idée est la même. Si 45 % des lignes long courrier de la compagnie ne sont pas rentables et si l’activité domestique ne l’est pas encore (elle devrait retrouver l’équilibre en 2017) Air France est malgré tout, affirme le PDG, « l’une des compagnies qui a le réseau long courrier le plus étendu au monde. Nous sommes également la compagnie qui a ouvert le plus de lignes entre 2012 et 2015 ».

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« Nous allons créer de nouvelles alliances »

Frédéric Gagey ne s’en cache pas : « Une partie de la consolidation d’Air France prendra la forme de coopérations commerciales avec d’autres compagnies ». Dans ce cadre, le PDG est en discussion avec divers partenaires : Alitalia bien sûr, mais également avec des compagnies chinoises et avec la compagnie du Golfe Etihad Airlines.