Volkswagen: Berlin rappelle le constructeur à son devoir de faire la lumière sur ses tricheries

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Une Passat et une Golf dans l'usine Volkswagen le 10 mars 2015 à Wolfsburg
Une Passat et une Golf dans l'usine Volkswagen le 10 mars 2015 à Wolfsburg — TOBIAS SCHWARZ AFP

Le gouvernement allemand attend du géant automobile allemand Volkswagen qu'il fasse la lumière «de manière transparente et complète» sur ses tricheries aux émissions de gaz polluants, a redit mercredi le porte-parole d'Angela Merkel.

«Le gouvernement est d'avis que les reproches (adressés à Volkswagen) sont sérieux et qu'il est du devoir de Volkswagen de faire la lumière de manière transparente et complète» sur les différentes affaires et accusations qui touchent le groupe, a dit Steffen Seibert lors d'une conférence de presse régulière du gouvernement.

La chancelière et ses ministres ont déjà à plusieurs reprises exprimé cette attente.

M. Seibert s'exprimait au lendemain d'aveux par Volkswagen, déjà embourbé depuis mi-septembre dans le scandale des moteurs diesel truqués, sur des émissions de dioxyde de carbone (CO2) supérieures à ce qu'elles devraient être pour 800.000 voitures.

M. Seibert a affirmé que le gouvernement n'avait «pas de raison de douter» de la bonne foi du groupe et de sa détermination à faire la lumière sur les affaires.

Il a rappelé que la chancelière avait réclamé à plusieurs reprises ces dernières semaines que Volkswagen se dote de «structures qui fassent en sorte que de tels écarts de conduite n'arrivent plus».

Lors de l'éclatement du scandale des moteurs truqués, qui a vu Volkswagen équiper 11 millions de moteurs diesel d'un logiciel capable de fausser les résultats de tests antipollution, le gouvernement a constitué une commission d'experts chargée de mener l'enquête sur les faits. Cette commission rencontrait mercredi des représentants de Volkswagen pour évoquer les nouvelles informations, a indiqué un porte-parole du ministère des Transports.

Le ministre Alexander Dobrindt a lui aussi appelé Volkswagen à «prendre ses responsabilités», et prévenu que les nouvelles révélations sur le CO2 risquaient de devenir «un sujet fiscal».

En Allemagne, moins les voitures polluent, moins leurs propriétaires paient de vignette. Si les émissions s'avèrent supérieures à ce qu'elles étaient sur le papier, Volkswagen pourrait être appelé à rembourser à l'Etat le manque à gagner de rentrées fiscales. Une porte-parole du ministère des Finances a indiqué ne pas pouvoir évaluer cet effet à l'heure actuelle.

Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble doit présenter jeudi ses nouvelles estimations de recettes fiscales, qui pourraient porter la marque de la crise Volkswagen. Le groupe est l'un des plus gros employeurs privés du pays et réalise 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. Il fait aussi vivre des centaines de sous-traitants et fournisseurs.

M. Seibert a assuré que les propos de Mme Merkel mardi sur le «made in Germany» - elle a déclaré que la réputation des produits allemands n'était pas entachée par le scandale - «étaient toujours valables».